@Informateur.info- Alors que le Burkina Faso entame un deuil de 72 heures, ce samedi 5 juin 2021, suite au massacre d’une centaine de personnes, la veille, à Solhan dans le nord du pays, nombreux sont ceux qui pointent du doigt, ouvertement ou implicitement le déficit de sécurité.

En effet dans un communiqué de présentation de condoléances, le Parti de la Renaissance (Paren) de l’ex-ministre de la culture, Abdoul Sango, «invite le gouvernement à une mise en œuvre diligente des mesures sécuritaires dans les zones habituellement victimes des attaques terroristes». Estimant que «l’unité et la cohésion nationales, sont les seules conditions pour triompher dans cette sale guerre qui nous est imposée».

Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès d’Eddie Komboïgo ne dit pas autre chose. Entre autres recommandations émises dans un communiqué, ce samedi, le CDP a lui aussi exhorté le gouvernement «à prouver ses capacités à protéger chaque burkinabè qui au demeurant est un devoir constitutionnel du Président du Faso». Plaidant au passage pour une sépulture normale pour l’ensemble des victimes qui ont perdu la vie.

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Chérif Sy, Ministre d’Etat, ministre de la défense

Sur les réseaux sociaux, le ton de certains activistes est plutôt particulièrement dur à l’égard du ministre de la défense, Chérif Sy en poste depuis le 24 janvier 2019. Ils sont, de fait, nombreux qui appellent à la démission de ce dernier, estimant qu’il n’est pas à la hauteur de ses charges ministérielles. Certains ironisent même avec des images (non authentifiées) de Chérif Sy somnolant lors d’une séance au parlement burkinabè et poussent le sarcasme en appelant à le réveiller pour qu’il aille défendre le pays, et partant, sauver des vies.

Le lanceur d’alertes, Naïm Touré  a même posté sur sa page facebook, une copie d’enquête du bimensuel L’Evènement intitulé «Lutte contre le terrorisme, la brouille entre responsables de la sécurité complique le travail sur le terrain». Comme pour dire qu’il y a des failles dans la coordination de la réponse contre le terrorisme au Burkina. Toutefois, il est bon de rappeler que le mis en cause (Chérif Sy) est bel et bien à la tâche. Il a même initié récemment des tournées de remobilisation et de galvanisation des troupes dans quelques régions du pays.

Faut-il le relever, depuis sa prise de fonction en fin décembre 2016, Roch Marc Christian Kaboré s’est toujours refusé à nommer un soldat de métier au poste de ministre de la défense. Tout comme, il est officiellement opposé à toute négociation avec les groupes armés qui endeuillent son pays.

Alfred SIRIMA