@Informateur.info- Le directeur de publication de l’hebdomadaire togolais “Indépendant Express” Carlos Kétohou, interpellé, nuitamment, le mercredi 29 décembre 2020, a été libéré, samedi après 72 heures de garde à vue dans les locaux du service central des recherches et d’investigations criminelles (SRCIC).

Alors que le journaliste devrait répondre le lendemain 30 décembre matin à une convocation de cette unité de la gendarmerie nationaledu Togo, grande fut la surprise de Carlos Ketohou d’être interpellé, dans la nuit de mardi et conduit à la brigade antigang de la gendarmerie. Une interpellation cavalière dénoncée, du reste, par les organisations de presse, la société civile et des partis politiques togolais.

L’Observatoire togolais des médias et plusieurs organisations professionnelles et syndicales des médias dans un communiqué conjoint ont critiqué le rôle des “éléments noctambules armés” pour procéder à l’interpellation de M. Ketohou.

Cette mobilisation exemplaire des femmes et hommes des médias a abouti à la libération du confrère Carlos Kétohou qui a cependant, passé le passage au nouvel An dans les locaux du service central des recherches et d’investigations criminelles de la gendarmerie, loin de sa famille.

Joint au téléphone, ce dimanche matin, Carlos Ketohou a expliqué qu’après la parution d’un article intitulé “Deux femmes ministres interpellées pour vol de cuillères dorées…” dans “L’Indépendant Express” du 29 décembre, son journal, il a reçu une convocation à se présenter au SRCIC “le mercredi 30 décembre 2020 à 10h pour les nécessités d’une enquête judiciaire”. La formule classique !

“Lorsque je quittais mes bureaux, le soir du 29, j’ai pu noter que des forces de l’ordre étaient, étrangement, postés sur l’itinéraire qui mène à ma résidence. Là, j’ai constaté que mon domicile était encerclé par des gendarmes tous en armes…”, a-t-il relaté. La suite, Carlos Ketohou a été cueilli pour être conduit manu militari dans les locaux du SRCIC. Là où le journaliste se préparait avec ses conseils pour aller répondre, sereinement, à la convocation de l’autorité judiciaire, on a préféré l’humilier devant les siens pour l’emmener comme un vulgaire bandit, lui déniant ses droits.

Pour les faits, dans l’article incriminé, le journaliste rendait compte de la réception à une cérémonie d’une institution bancaire au cours laquelle les deux femmes membres du gouvernement ont été prises la main dans le sac.

“Les deux femmes ministres dont la rédaction préfère taire pour l’instant les noms ont été interpellées à la sortie d’une réception de fin de cérémonie d’une institution bancaire.

Au début, elles s’opposaient avec autorité et agitation aux fouilles auxquelles les agents de sécurité les avaient soumises avant de se faire signifier qu’il s’agissait d’un rapport des caméras de surveillance qui les avaient filmées en train de dérober les biens de l’institution bancaire.

Confuses, elles ont obtempéré à la fouille et le pot aux roses a été sans appel. Les agents de sécurité ont découvert dans les sacs de ces vaillantes femmes bling-bling du gouvernement des cuillères et fourchettes dorées qui composaient les couverts de la réception”, lit-on dans l’article.

Alfred SIRIMA