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@Informateur.info- Dans une analyse postée sur sa page facebook et intitulée «le nid de guêpes», Mamadou Traoré, Conseiller du président de Générations et Peuples Solidaires (GPS) explique l’attaque terroriste subie par la Côte d’Ivoire, jeudi dernier, comme étant la conséquence de l’opération que l’armée ivoirienne a menée en collaboration avec le Burkina Faso aux frontières nord. Ci-dessous l’analyse de l’homme politique.

«Qui ne se souvient pas de l’opération Comoé qui a eu lieu le 13 Mai 2020? Cette opération de l’armée ivoirienne, en collaboration avec l’armée Burkinabé, qui a consisté à attaquer les positions des djihadistes aux frontières ivoiro-burkinabé. Je me rappelle qu’après cette opération, on nous a présenté une armée ivoirienne très équipée pour la lutte contre le terrorisme international. On n’a pas manqué de vanter les performances de notre armée.

J’avoue que moi personnellement, cela m’a rassuré ainsi que de nombreux ivoiriens. Je suis donc surpris d’apprendre par la presse en ligne, que nos gouvernants ont fait appel, dans la lutte contre le terrorisme international, à la France pour leur prêter main forte. J’avoue que cela m’a glacé.

Et j’ai eu mal pour les éternels souverainistes de mon pays qui se trouvent parmi nos amis du Restaurant. N’est-ce pas eux, dans l’affaire Guillaume Soro contre l’Etat de Côte d’Ivoire auprès de la Cour africaine des droits de l’homme, qui ont affirmé ici que notre pays était un pays souverain et que ses institutions se portaient tellement bien qu’elles n’avaient pas besoin d’une ingérence étrangère pour régler ses problèmes internes ?

L’attaque des djihadistes aux frontières Burkinabè et maliennes de notre pays, dans des villages ivoiriens, n’est-elle pas une affaire qui demande la réaction des institutions ivoiriennes présentées comme se portant bien? Je fais allusion ici à l’institution militaire de notre pays. Cette institution militaire qu’on nous a présentée comme étant l’une des plus performantes de l’Afrique !

Et puis, pourquoi attaquer une position des djihadistes et penser que ces derniers ne riposteraient pas ? Et puis pourquoi attaquer une position djihadiste et ne pas prendre des dispositions sécuritaires afin de ne pas être surpris par une riposte de l’ennemi ?

Je ne suis pas militaire et je ne sais rien en stratégie militaire. Mais ayant vécu pendant près de 10 ans avec des chefs rebelles dans le cadre de la rébellion, j’ai appris à être toujours sur mes gardes. J’ai appris auprès d’eux que quand on attaque une position de l’ennemi, on doit s’attendre toujours à une riposte de ce dernier. Et pour cela, on doit rester toujours en alerte maximale. Je suis donc surpris que notre puissante institution militaire n’ait pas pu avoir cette disposition qui est le B A BA de toute armée qui se respecte.

A(re)lire Frontière Ivoiro-burkinabè: Comment le terrorisme a changé le dispositif sécuritaire 

Et ici, j’accuse nos autorités en charge de la gestion de l’armée de n’avoir pas pris les dispositions nécessaires pour protéger nos militaires qui sont tombés au front.

Pour utiliser une image, notre armée a cassé un nid de guêpes. Les guêpes, surprises et effrayées par cette attaque de leur nid, ont dû fuir. Mais pour ne pas perdre leur dortoir, elles se sont organisées pour venir attaquer les assaillants afin de récupérer leur nid. C’est ce qui s’est passé avec l’attaque de Kafolo à la différence que les djihadistes n’ont pas pris possession du village.

Selon l’analyse que je fais, ces djihadistes de la frontière du Burkina Faso guettent le parc de la Comoé pour s’y installer. Ce parc qu’ils veulent transformer en un nid de guêpes. Il faudrait donc que nos autorités en charge de l’armée surveillent de près cette partie importante de notre territoire.

Pour finir, je voudrais, une fois de plus, exprimer toutes mes condoléances aux familles des militaires tués lors de cette attaque djihadiste qu’ils ont subie.