Ouoba Pierre et Nassouri Issaka

@Informateur.info- En mai dernier, le marché à bétail de Kompiembiga était la cible d’une attaque terroriste qui a fait une trentaine de morts. Trois mois après ce drame, le marché à bétail de Namoungoun subissait le 7 août le même sort en plein jour, faisant une vingtaine de morts. La récurrence des attaques et l’insécurité ambiante de la région laissent pas indifférents les ressortissants de l’est du Burkina Faso en Côte d’Ivoire. Dans une déclaration dont Informateur.info a reçu copie, ce dimanche 23 août, ces derniers s’inquiètent de «la situation sécuritaire au Burkina Faso, marquée depuis plus de 4 ans, par de nombreuses et sanglantes attaques terroristes».

«Nous sommes des Burkinabè, ressortissants de la Région de l’Est du Burkina Faso. La région de l’Est comprend 5 provinces qui sont les Provinces du Gourma, de la Tapoa, de la Komondjari, de la Kompienga et de la Gnagna», précisent-t-ils d’entrée.

Pour ces ressortissants parmi lesquels on compte des Gourmantché, des Mossi, des Peulh, des Yaana etc., «cette région et ses provinces, qui sont une zone minière et agricole bien généreuse, souffrent  depuis plus de 4 ans, des attaques terroristes meurtrières. Au fil des mois et des années, ces zones sont devenues un sanctuaire de ces forces du mal, qui y dictent leur loi, en semant la mort de jour et de nuit».

Combari Michel, initiateur de la déclaration

Cette situation n’est pas sans conséquence puisqu’elle cause des déplacements massifs des populations vers les camps de déplacés dans les Chefs-lieux de provinces, notamment à Fada N’Gourma, Chef-lieu de la Région de l’est. «Cette situation créé le chômage,  la pauvreté et la misère de nos parents, privés de leurs champs, de leurs récoltes, de leur bétail et leurs commerces», font remarquer les ressortissants de la région de l’Est du Burkina en Côte d’Ivoire.

Face à cette situation sécuritaire préoccupante, les signataires de la déclaration, font trois propositions au gouvernement burkinabè. «Nous proposons la création d’une importante Base de Sécurisation de l’Est (BSE) avec des ressources humaines, logistiques et techniques conséquentes afin de maintenir une présence permanente et opérationnelle des Forces nationales dans la zone, l’intensification des patrouilles de nuit comme de jour sur tous les axes et la destruction des mines antipersonnel (déminage) posées par les mouvements terroristes sur l’axe Fada-Kompienga et bien d’autres tronçons», mentionne la déclaration.

Tout en saluant les efforts déjà consentis par le gouvernement pour pacifier les zones menacées, les signataires de la déclaration «demandent d’urgence au Président du Faso, Chef suprême des Armées et garant de la paix, de la sécurité et de la stabilité du Burkina Faso de bien vouloir prendre en compte leur cri du cœur».

Ils ont, par ailleurs, exhorté toutes les ethnies de la région de l’est sans exception à la fraternité et à la solidarité dans la lutte contre l’hydre terroriste.

Charlène ADJOVI