@Informateur.info- Onze chefs d’État parmi lesquels le Français Emmanuel Macron, le Congolais Félix Tshisekedi, le Burkinabé Roch Kaboré, le Togolais Faure Gnanssigbé, le Nigérien Mohamed Bazoum, le Guinéen Alpha Condé… sont à N’djaména pour rendre un dernier hommage à leur homologue tchadien, Idriss Déby Itno mort, le mardi 20 avril des suites de ses blessures après avoir participé aux combats contre les rebelles dans le nord du pays.

A leur arrivée à la Place de la nation, noire de monde, lieu où se déroulent les funérailles de celui qui a dirigé le Tchad, trois décennies durant, les chefs d’État se sont succédé près de la dépouille mortelle, recouverte du drapeau national, pour déposer des gerbes ou juste rendre hommage au président Déby.

Premier chef d’État à prendre la parole, Félix Tshisekedi, président congolais et président en exercice de l’Union africaine, est revenu sur la dernière fois qu’il a vu le président Déby, “la semaine dernière, lors de l’investiture du président Denis Sassou-Nguesso” à Brazzaville, ne pouvant imaginer que cet “aurevoir” serait finalement un adieu. Il souhaite au pays, “une transition pacifique, démocratique et inclusive”.

Pour Alpha Condé, président de la Guinée, Idriss Déby Itno a montré “son attachement à l’Afrique en versant son sang dans différents champs de bataille. L’Afrique doit continuer à parler d’une seule voix. Le combat que nous avons commencé ensemble, nous allons le continuer, afin que l’Afrique de 2050 soit le premier continent du monde”, a indiqué le président guinéen dans don intervention.

Quant au président français, Emmanuel Macron, seul chef d’État occidental présent, il s’est adressé à l’illustre disparu en ces termes: “Nous voila réuni devant votre dépouille après trois décennies à la tête de votre pays et tant de combats livrés avec bravoure. Vous avez vécu en soldat, vous êtes mort en soldat, les armes à la main”.

Et d’ajouter: “Vous avez connu la guerre, mais vous ne l’aimiez pas. Vous avez donné votre vie pour le Tchad. Je partage le deuil d’une nation touchée dans sa chair par la mort de son premier soldat. Idriss vous saviez aussi la valeur de la diplomatie. Pendant trois décennies, vous avez servi votre pays. La France ne laissera jamais menacer la stabilité et l’intégrité du Tchad”, a promis, affligé, M. Macron.

Auparavant, c’est l’un des fils du défunt président, Abdelkerim Idriss Déby qui a ouvert la série d’hommages pour rappeler que “ce lundi, Allah a décidé de te rappeler à lui”, s’adressant à don défunt père avant de poursuivre : “tu es parti en défendant ta passion de toujours, le Tchad. Tu es parti en avançant face à l’ennemi. Le Tchad perd en toi un président marqué au fer du patriotisme. Ta mort brutale nous a dévasté. Elle nous prive de tes solides épaules et ton regard lumineux. Il est des morts qui rendent fiers les vivants malgré la douleur”, dit-il.

A sa suite, Hinda Déby Itno, l’épouse d’Idriss Déby, toute vêtue de noir, l’émotion était palpable dans sa voix, a rendu un vibrant hommage à son époux, témoignant sa gratitude à toutes les personnes présentes. Pour la désormais veuve, le président Idriss Déby était “un époux exemplaire, le père a disparu nous laissant en perdition dans un désert mouvant. Intrépide guerrier, invincible devant tous les périls”.

“Nous devons porter partout le message de la paix et de la cohésion nationale. Ce sera notre héritage”, a-t-elle émis. La voix brisée par la douleur, c’est en larmes, qu’elle a terminé son propos en disant “adieux” à son époux. L’émotion est intenable dans la foule compacte.

Pour l’ambassadeur Zacharias Idriss Déby, un autre fils du défunt, qui a pris la parole, “le monde se souviendra longtemps de ce digne fils d’Afrique. Il représentait à la fois la fierté et l’âme de la nation tchadienne. Nous garderons la mémoire d’un père, d’un frère, d’un leader et d’un mari affectueux, généreux, rassembleur”, a-t-il salué.

A la suite de ces obsèques nationales célébrées à la Place de la nation dans la capitale tchadienne, la dépouille mortelle sera transportée par avion à Amdjarass, une localité qui jouxte son village natal de Berdoba près de la frontière soudanaise où Idriss Deby y sera inhumé dans l’intimité familiale.

Alfred SIRIMA avec
TV Tchad et RFI