@Informateur.info- Annoncé à grands coups de médiatisation, le meeting d’ouverture de la tournée de sensibilisation de la Plateforme Effort de Paix (PEP, une association burkinabè en Côte d’Ivoire) n’a pu se tenir, hier samedi 19 septembre à Samo sur l’axe Bonoua-Aboisso dans le sud-est ivoirien. La Représentation diplomatique et consulaire burkinabè établie en Côte d’Ivoire ayant suspendu cette activité. Les raisons.

Dans une correspondance en date du 17 septembre 2020 adressée à Sawadogo Hamed, le président de la Plateforme Effort de Paix, l’Ambassadeur du Burkina Faso en Côte d’ivoire, Mahamadou Zongo a évoqué la non conformité de la Plateforme aux textes régissant les associations dans le pays hôte.

(…) vous avez commencé la mise en œuvre de votre projet de campagne de sensibilisation sans faire la preuve d’une déclaration d’existence de votre association aux autorités compétentes ivoiriennes telle que exigée par la règlementation ivoirienne d’une part, et de l’enregistrement de ladite association au Consulat général du Burkina Faso à Abidjan, d’autre part”, mentionne le dit courrier dont copie a été adressée à Informateur.info.

Pour rappel, dans le cadre de la mise à jour de sa base de données, la Représentation diplomatique et consulaire du Burkina Faso a organisé une campagne d’enregistrement des associations du 1er mars au 30 mai 2020, au sein des Consulats généraux à Abidjan, Bouaké et Soubré, plus spécifiquement, au Consulat général dont relève le lieu du siège de l’association.

Cette opération a concerné toutes les associations de ressortissants burkinabè, qu’elles soient anciennes ou nouvelles. Au terme de laquelle une attestation d’enregistrement est délivrée après traitement du dossier.

A en croire l’Ambassadeur du Burkina Faso en Côte d’Ivoire la PEP n’a pas satisfait à cette réglementation, pourtant, nécessaire pour mener des activités associatives. D’où son appel à l’endroit de M. Sawadogo: “Je vous invite donc à surseoir aux activités en cause, le temps de vous mettre en règle“.

Selon le diplomate burkinabè, redoutant la “période sensible et délicate” actuelle, “les activités nécessitant un regroupement de nos compatriotes comportent d’énormes risques, de sorte que la plus grande prudence doit être observée”, a avertit Mahamadou Zongo.

Notons que la suspension de cette activité a donné lieu à un accès de colère et à une levée de boucliers de quelques membres de la Plateforme contre l’autorité diplomatique sur les réseaux sociaux. Ce qui trahit de toute évidence les dispositions au dialogue, à la tolérance et à l’esprit de Paix que prônent justement les initiateurs de la Plateforme Effort de Paix. 

Dans un souci d’équilibre, Informateur.info a joint le président de la PEP qui dit n’avoir jamais eu connaissance du dit courrier. ” Aucun de nos membres n’a déchargé ces courriers”, a t-il réagi. Avant de poursuivre: “On a produit toutes les pièces demandées à la suite de quoi il nous a été délivrée le 11 septembre dernier une attestation d’enregistrement. La Plateforme Effort de Paix est bel et bien enregistrée au ministère de l’intérieur et au Consulat Général du Burkina Faso à Abidjan”.

Il faut souhaiter que les deux parties se rencontrent dans les meilleurs délais pour aplanir les divergences. Cela éviterait que la Représentation diplomatique et consulaire soit vilipendée sur les réseaux sociaux et que les membres du PEP se livrent en spectacle au monde.

Jean François FALL