EditoLe Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) suspendu! Le ministère de l’administration territoriale a officiellement annoncé, en effet, le lundi 15 décembre 2014, la suspension du CDP, le parti de Blaise Compaoré. En outre, la Fedap-BC, une association de soutien à l’ancien président, et l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), qui avait fait campagne en faveur du projet de modification constitutionnelle ont été également mis sous le boisseau.
Ce qui a fait dire à l’opinion et aux média que «L’opération de nettoyage se poursuit au Burkina Faso». Regard du confrère Jeune Afrique qui ajoute qu’ : «Après le limogeage de patrons de sociétés publiques, accusés d’être trop proches du clan Compaoré, et la nationalisation d’une entreprise immobilière appartenant à l’ancienne “belle-mère nationale”, Alizéta Ouédraogo, les autorités de transition s’en sont pris au principal rouage politique de l’ancien président : le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ». Une veritable “Chasse aux sorceries”
Dans l’affaire, on soupçonne le Premier ministre Yacouba Isacc Zida d’avoir actionné Auguste Denise Barry, son « bras droit » pour régler des comptes avec le camp Compaoré en reprochant au CDP « des activités incompatibles avec la loi portant charte des partis et formations politiques au Burkina Faso ». Sous le prétexte de « violation des lois et règlements de la république par un parti ou une formation politique » La Fedap-BC, étant accusée d’avoir mené des «activités incompatibles avec la loi portant liberté d’association au Burkina Faso». Une situation qui s’ajoute au fait que « le leader du CDP, Assimi Kouanda, et celui de la Fedap-BC, Adama Zongo, sont internés depuis le 5 novembre au camp de gendarmerie Paspanga de Ouagadougou. Ils sont accusés d’avoir publiquement tenu des propos pouvant causer des troubles à l’ordre publique – Kouanda avait appelé ses troupes à se défendre en cas d’attaque -, et ont été interpellés et “placés en sécurité” par les militaires en charge de la transition», note le confrère. A vrai dire, le gouvernement Isaac Zida, en interdisant le parti de Balise Compaoré a pris une mesure de trop, qui risque de conforter les détracteurs du Premier ministre, qui se méfiaient déjà d’un militaire à la tête du Gouvernement», dans l’opinion selon laquelle il est guidé par la vengeance. Le fait est que l’interdiction d’un parti politique, fut-il celui de Blaise Compaoré, est tout simplement un acte anti-démocratique qui marque un recul regrettable des libertés au Burkina. Même en Côte d’Ivoire où la crise postélectorale a fait 3.000 morts sous l’ex-parti au pouvoir, le Front Populaire Ivoirien n’a jamais été suspendu ni dissout.
A vrai dire, le Burkina Faso, qui aspire aujourd’hui à la démocratie vraie, à l’alternance pacifique, à la réconciliation après le long règne sans partage de Compaoré, n’a pas besoin d’une telle mesure. Et il est urgent que le gouvernement retire, ici et maintenant, cette malheureuse décision qui ne fait pas honneur ni au gouvernement de transition, ni au Burkina Faso.
Jean François Fall, Informateur.info