@Informateur.info- Au sein de la communauté burkinabé de Côte d’Ivoire, Salogo Mamadou est respecté. Ce n’est pas par simple courtoisie. L’homme a su se forger, à force de travail et de ténacité. Il a réussi à gagner la confiance de tous par son travail et son courage. Celui dont on parle est né à Asséholié, dans la sous préfecture de Yakassé Attobrou, dans le département d’Adzopé, le 15 octobre 1956.

A 55 ans, il est un leader accompli dans sa communauté. Mais tout ne lui est pas tombé du ciel. En effet, Salogo Mamadou acquiert son CEPE au CEG d’Adzopé avant de faire la classe de 2nd au lycée moderne de ladite ville. Toutefois, ses débuts dans la vie active sont modestes. Il commence dans le groupe Prosuma en tant qu’agent de sécurité au magasin Nour Al Hayat à Abidjan-Plateau, en 1979. Il reste fidèle au PDG de son entreprise et le suit, en 1984, dans une formidable aventure. C’est la création de la société Providis qui distribue les conserves de tomate fabriquées par la Sodefel, avant de s’engager dans la distribution de l’aubergine made Côte d’Ivoire appelée «N’drowa», en tant que grossiste en partenariat avec la Sodefel.

En 1987, il fait son retour dans le groupe Prosuma au moment où l’actuel Pdg prend la tête de l’entreprise. Il a le privilège de contribuer à la création de Super Hayat. Il a la confiance de ses employeurs qui apprécient son ardeur au travail, sa disponibilité et son efficacité.

Salogo Mamadou est désigné à juste titre adjoint du directeur. Avant d’être choisi par le PDG pour occuper le poste de responsable des produits locaux à la centrale Prosuma. 5 ans après, il est nommé responsable du transit fret à l’aéroport, auprès de la Socopao aujourd’hui SDV Bolloré, pour le compte de Bolloré. Poste qu’il occupe à ce jour.

Salogo s’est forgé par le travail bien fait, au fur et à mesure, pour consolider son assise sociale et économique, pour devenir aujourd’hui un opérateur économique de premier rang au sein de la diaspora burkinabé en Côte d’Ivoire. Propriétaire immobilier très respecté à Abidjan, il est un membre généreux de la communauté burkinabé qui sait s’ouvrir et partager avec les autres. D’autant plus que, né en Côte d’Ivoire, il a l’avantage de connaître ses compatriotes, qu’ils soient nés ici ou au pays.

  • Un homme de culture, un médiateur

Aussi bien que les Ivoiriens. Ce qui lui permet de se positionner comme un «médiateur», au centre des deux cultures. Car, très dévoué à sa communauté, il est particulièrement actif dans le règlement des problèmes que rencontrent les membres de la diaspora en terre ivoirienne. Qui plus est, on le connaît comme un fervent croyant, qui craint Dieu et l’honore, par-dessus tout. Salogo Mamadou est, par ailleurs, le président de la jeunesse Tidiania de Côte d’Ivoire. Et à ce titre, il ne manque pas de venir en aide aux autres. Mais aussi et surtout de rassembler ses compatriotes, pour leur parler de la paix, de la tolérance, de la réconciliation et de la fraternité entres les peuples frères d’Afrique.

Une autre corde à l’arc de Salogo Mamadou, c’est qu’il est président de «La Culture Burkinabé de la Côte d’Ivoire». Cette vocation, dit-il, lui est venue à la suite d’un constat amère. «La diaspora burkinabé est en train d’oublier la culture et la tradition burkinabé. Dans des familles, les enfants ne parlent même plus leur langue maternelle», se plaint-il. C’est donc pour sauver ce patrimoine en perdition qu’il s’intéresse à «La Semaine de la Culture Burkinabé». Ce qui lui donne l’occasion, chaque deux ans, d’amener des troupes culturels à la semaine de la culture à Bobo-Dioulasso. Grace à lui, des enfants nés en Côte d’Ivoire ont connu le Burkina Faso et redécouvert leurs cultures. Il se souvient que, « dans les années 1970, lorsque le président Félix Houphouët-Boigny revenait de la France, les troupes artistiques burkinabé lui réservaient un accueil chaleureux, depuis l’aéroport jusqu’au long de son trajet ». Des moments intenses qui ont bercé sa tendre enfance, aux côtés de son père. «Hélas, aujourd’hui, quand le président arrive, on ne voit plus les Burkinabè», regrette-t-il.

Ce qu’on sait en outre de Salogo, c’est qu’il est un membre très influent du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) en Côte d’Ivoire. Depuis le décès de l’ex-Secrétaire général du parti de Blaise Compaoré en Côte d’Ivoire, il fait partir du trio favori à la succession de feu Konfé Rasmané. Mais Salogo reconnaît que «des problèmes de leadership et des querelles intestines divisent la communauté burkinabé en terre ivoirienne» et travaille à rapprocher et à promouvoir l’entente et la solidarité entre ses compatriotes. Et s’il salue l’arrivée de l’actuel chef d’Etat au pouvoir, c’est parce qu’il sait que le président Alassane Ouattara s’emploiera à régler tous les problèmes identitaires et les questions de nationalité et de naturalisation dont le chef de l’Etat a lui-même souffert. Salgo

Pour que soient évacués définitivement les germes de la division, qui ont empoisonné la vie des deux peuples frères de Côte d’Ivoire et du Burkina. Chef d’une famille de 14 enfants, cet homme qui a tout donné à la Côte d’Ivoire et qui est en instance de naturalisation est un père et un époux très attentionné. Salogo Mamadou aime les honneurs. Mais, en bon chef burkinabè, il ne nous a pas dit une chose qu’il garde pour lui : le nombre de ses femmes.

Jean François FALL