Feu Salaka Vince

@Informateur.info- Le dimanche 27 avril 1997, Sanou Vincent, de son nom d’artiste musicien burkinabè Salaka Vince, tirait sa révérence à Bobo-Dioulasso, capitale économique du pays des Hommes Intègres. Ce, au terme d’une longue maladie contre laquelle il s’est courageusement battu. Sans succès. Depuis, Salaka Vince repose à jamais au cimetière de Bindougousso, son village natal, situé à quelques encablures de Bobo-Dioulasso. Les mélomanes burkinabè perdaient ainsi un artiste dont la maîtrise de la langue bôbô (sa langue maternelle) et son timbre vocal épousaient harmonieusement les sonorités musicales des tubes qu’il nous laisse en héritage.

Sibiri, Sithala, Kiri, Sire Yarga, sont quelques titres qui ont fait danser les mélomanes entre 88 et 1995, et qui continuent aujourd’hui encore d’être appréciés à leur juste valeur par beaucoup, qui considèrent l’artiste comme l’un des meilleurs chanteurs burkinabè de sa génération. Malheureusement la non traduction de ses chansons en français sur les réseaux sociaux notamment YouTube, réclamée avec insistance par ses inconditionnels, et le peu d’écrits disponibles sur l’artiste ne permettent pas de saisir la pleine mesure de son talent et de lui rendre un hommage à  la hauteur de la qualité de son  œuvre musicale.

  • Un monument de la musique burkinabè parti très tôt

24 ans après sa disparition, Informateur.info, a glané quelques informations  sur l’artiste, notamment un article fourni du service de documentation et des archives de la Radio-télévision-burkinabè (RTB) afin de lui rendre un hommage posthume. Né à Bindougousso, Salaka Vince était un gendarme de métier dans l’armée burkinabè. Sa passion pour la musique qui remonte à la fin des années 70, le conduit après de nombreuses péripéties à intégrer l’orchestre de la gendarmerie nationale dont il devient l’un des chanteurs attitrés.

Il aura, selon plusieurs sources, été inspiré entre autres par le Dafra Star de Tidiane Coulibaly,  et les Léopards de Bobo-Dioulasso. Il fit ses armes dans l’orchestre Maya avant de se retrouver dans celui de la gendarmerie nationale où avec d’autres célèbres musiciens, il imprime sa marque. Enchaînant de nombreux titres dont beaucoup continuent de bercer les mélomanes nostalgiques de ce chanteur à textes. «C’était le meilleur chanteur bôbô (Ndlr : une ethnie du sud du Burkina) au Burkina Faso», reconnaissent nombre de ses compatriotes. Il donne plusieurs concerts à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. En 90, Salaka Vince était pratiquement une star connue au-delà des frontières burkinabè et dont les chansons passaient régulièrement sur les stations de radios nationales des pays limitrophes du Burkina.

Malheureusement, ce monument de la musique tradi-moderne burkinabè ne fera pas de vieux os. Malade, il meurt le dimanche 27 avril 1997 à Bobo-Dioulasso. Laissant derrière lui, des orphelins et une veuve, Célestine Sanou, qui le rejoindra dans l’au-delà cinq ans plus tard, précisément le 24 janvier 2002.

24 ans après sa disparition, le souvenir de Salaka Vince reste vivace, car ses chansons et sa mélodie continuent de bercer les mélomanes. Ne dit-on pas qu’un artiste ne meurt jamais. Adieu Salaka Vince. Repose en paix!

Jean François FALL