Le jeudi 24 mai 2018, le Burkina Faso rompait ses relations diplomatiques  avec Taiwan reconnu en 1994 par le régime Compaoré. 48h plus tard, le gouvernement burkinabè faisait descendre le drapeau taïwanais pour faire monter, en parallèle, celui de la Chine populaire préférée au détriment de l’ancienne île de Formose qui paie ainsi, au ‘’prix fort’’,  le rapprochement entre Pékin et Ouagadougou. Informateur.info a approché des leaders d’opinion de la Diaspora burkinabè pour  recueillir leurs avis suite à cette rupture qui fait jaser du côté du pays des Hommes intègres où beaucoup trouvent à redire sur cette actualité.

Kindo Issaka

Ex- délégué au Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Extérieur (CSBE)

«Les autorités burkinabè ont péché dans la forme et je le déplore»

Ce que je puis dire d’emblée, c’est que la conduite des affaires de l’Etat relève des autorités burkinabè. C’est une question de souveraineté. Elles sont donc fondées à rompre avec qui elles veulent et quand elles veulent. La seule condition étant que cela se fasse au bénéfice du peuple et non dans l’intérêt d’un individu ou d’un groupe de personnes. La question que l’on se pose va donc de soi : que gagne le peuple dans cette affaire ? On notera quand même que la Chine Taiwan a soutenu le Burkina pendant les 24 ans qu’ont duré leurs relations. C’est pourquoi, la manière dont s’est faite la rupture interpelle la morale. C’est inamical. Les autorités burkinabè, de mon point de vue, n’y ont pas mis la manière et je le déplore. Ce n’était pas de cette manière qu’on devait remercier Taiwan pour tout ce qu’elle nous a apporté en termes d’infrastructures et de développement. Ce n’est un secret pour personne, le pouvoir MPP est confronté à d’énormes difficultés. Si Pékin peut l’aider à les résoudre, plus ou moins, on applaudira.  Si donc le fond ne pose pas de problèmes majeurs, souveraineté oblige, en revanche, ils ont péché au niveau de la forme que j’ai trouvée cavalière.

Adama  Ouédraogo

Section MBDHP-Côte d’Ivoire

«Nous osons espérer que c’est au profit du peuple burkinabè»

Que puis-je dire, sinon que c’est une décision souveraine qui est inattaquable en l’état. Nous osons toutefois espérer que c’est au profit du peuple burkinabè et non d’un seul individu. En 1994, quand l’ancien président Blaise Compaoré décidait de reconnaitre la Chine Taiwan, c’était une question de gros sous. On ne sait toujours pas combien c’était et ce qui est revenu au peuple. On voudrait cette fois plus de transparence. Quant à la manière, je pense que je n’ai pas grand-chose à dire dessus.

Hamed Sawadogo

Président de la jeunesse du CNBCI

«Le plus important, ce sont les retombées de cette nouvelle relation avec la Chine»

Si le gouvernement burkinabè estime nécessaire de nouer des relations avec la Chine populaire aux dépens de Taiwan, c’est quelque chose de normal. Je souhaite néanmoins que la priorité soit le développement du Burkina qui a de nombreux défis à relever. Il faut donc voir en premier les intérêts des populations. Pour autant, je pense qu’on ne devrait pas polémiquer outre mesure sur la manière dont s’est faite la rupture, le plus important étant les retombées de la relation avec la Chine populaire. On attend donc la suite.

Propos recueillis par Ambroise Tiétié René

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