@Informateur.info- Le président du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Alassane Ouattara, président de la République, a renoncé, vendredi, à un 3è mandat, laissant dans l’embarras, les cadres du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), du Parti ivoirien des travailleurs (PIT) et de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) qui ont rejoint, mains et pieds liés, ce parti qu’il a créé aux forceps.
 
On peut le dire sans risque de se tromper, tel  Manoel Francisco dos Santos, dit Mané Garrincha ou tout simplement Garrincha, ce dribbleur de légende de la sélection brésilienne de football des années 70, Alassane Ouattara a mis dans le vent tous ces cadres, élus ou non, des partis autres que son RDR d’origine, en renonçant à un troisième mandat comme le conseillaient beaucoup de ses thuriféraires.
 
Depuis jeudi, ils n’arrivent pas à comprendre ce qui leur arrive. Après avoir dans la soupe de leur parti d’origine pour rejoindre le RHDP d’Alassane Ouattara pour préserver leurs postes, ils se sentent trahis par le futur ex-président ivoirien. ‘’Il s’est servi de nous comme une échelle pour monter au sommet de l’Etat’’, fulmine, sous le couvert de l’anonymat, un Sénateur élu sous la bannière du PDCI avant de tourner casaque.
 
Beaucoup rêvaient de ce 3è mandat de Ouattara pour assouvir leur soif du pouvoir ou à tout le moins, garantir leur poste actuel et se faire un bon matelas financier. 80% des transfuges sont attachés à la personne d’Alassane Ouattara. Maintenant qu’il a décidé de se retirer ( ?), le sort de ces hommes et femmes semble, désormais, scellé au sein du RHDP qui, il faut le dire, est composé à 90 ou 95% des militants du RDR, son parti d’origine.
 
Les cadres du PDCI comme Daniel Kablan Duncan, Jeannot Kouadio Ahoussou, Amédé Kouakou, Kobenan Kouassi Adjoumani, Patrick Achi, Aka Aouélé, Siandou Fofana, Goudou Raymonde, Albert François Amichia… déjà aux affaires ont émigré au RHDP après les divergences entre leur président Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara sur la formation du parti RHDP.
 
Les ministres Adjoumani et Danho Paulin, à en croire la presse ivoirienne, étaient inconsolables après l’annonce du président ivoirien de ne pas briguer un 3è mandat. ‘’ Leur sort est désormais connu au RHDP, eux qui ont vilipendé le président de leur parti d’origine, le PDCI’’, commente un observateur averti de la scène politique ivoirienne.
 
A l’évidence, la sérénité est loin d’être de mise chez ces cadres dont certains comme Mabri Toikeusse (UDPCI) ou Ahoussou Kouadio Jeannot (PDCI Renaissance) veulent voler de leurs propres ailes. Mais comment s’y prendre? Faut-il faire un rétropédalage pour ce qui du président du Sénat ou affronter de l’intérieur  Amadou Gon, le candidat putatif du RHDP avec le risque de se mettre à dos les militants du RDR ?

Avec un avenir politique, désormais, en pointillé, ces cadres déboussolés par la déclaration de Ouattara ne savent plus à quel saint se vouer.
 
Geneviève MADINA