@Informateur.info- Les rumeurs qui enflaient sur le désamour entre le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, président du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir) et son ancien directeur de cabinet, Marcel Amon-Tanoh, actuel ministre des Affaires étrangères, semblent se confirmer au regard des actes posés ou suscités par le président ivoirien en l’encontre de son chef de la diplomatie.

La mise à l’écart de Marcel Amon-Tanoh du dernier carré d’Alassane Ouattara en attendant son limogeage du gouvernement (comme insistent les bruits de couloir) ne fait plus l’ombre d’un doute. Chef de la diplomatie ivoirienne depuis janvier 2017 après avoir cumulé les fonctions de Directeur de cabinet de la présidence de la République (2012-novembre 2016) avec celles de ministre des affaires étrangères par intérim (novembre 2016-janvier 2017), Marcel Amon-Tanoh était, jusque-là, considéré comme un fidèle parmi les fidèles du président Alassane Ouattara.

Alors que la rumeur abidjanaise lui prédisent de jouer sa propre carte à la présidentielle 2020, (information que l’intéressé n’a jamais démentie), le ministre Marcel Amon-Tanoh se voit de plus en plus, moins actif sur le plan diplomatique où le ministre d’Etat, ministre de la défense, Hamed Bakayoko le supplante, désormais.

Au 33è Sommet de l’Union africaine (UA) le 9 février, l’absence dans la délégation ivoirienne de M. Amon-Tanoh a intrigué bien d’Ivoiriens. Mais pour Philippe N’guessan Yao, politologue, ‘’c’est bien la preuve que Ouattara veut se séparer de son ministère des affaires étrangères depuis que la rumeur prête des velléités de candidature à la présidentielle à celui-ci’’.

‘’Pour un sommet de ce genre, c’est le chef de la diplomatie qui est en ligne de mire. Or, à Addis-Abeba, tout le monde a vu que c’est Hamed Bakayoko qui a pris part toutes les audiences du chef de l’Etat. C’est vrai que le thème du Sommet était relatif à la sécurité mais l’absence de Marcel Amon-Tanoh est un signe que ce n’est plus le parfait amour entre Ouattara et son ministre des Affaires étrangères’’’’, ajoute-t-il.

Trois jours plus tard, le jeudi 12 février, le même Hamed Bakayoko porteur d’un message du chef de l’Etat ivoirien à son homologue djiboutien, est reçu au palais de la Présidence de Djibouti par Ismail Omar Guelleh alors que Marcel Amon-Tanoh se tourne les pouces à Abidjan.

Pour le politologue, ces deux faits, en l’espace de quatre jours, suffisent pour déduire que le sort du ministre des Affaires étrangères est, désormais, scellé. ‘’Il est fort probable que qu’il plie les bagages du gouvernement Gon Coulibaly dans les jours ou semaines qui suivent’’.

Ce coup de froid entre Alassane Ouattara et Marcel Amon-Tanoh que son géniteur, l’ex-ministre de l’Education nationale sous Houphouët-Boigny, Lambert Amon-Tanoh, voit ‘’présidentiable’’ est né de la volonté d’Amon-Tanoh fils de briguer le fauteuil présidentiel en octobre si M. Ouattara n’est pas candidat à sa propre succession.

Or dans l’establishment RHDP, il semble que le président Alassane Ouattara veut imposer son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly pour être l’étendard de ce parti aux futures échéances. Ce qui n’est pas du goût de certains cadres dont, justement, Marcel Amon-Tanoh qui, selon des sources proches du parti au pouvoir, s’est ouvertement, dressé contre une potentielle candidature du locataire de la Maison blanche du Plateau, Amadou Gon Coulibaly. De là, à le pousser vers la porte de sortie, il n’y a qu’un pas que Ouattara, en habile manœuvrier, tente de poser, en sourdine.

Geneviève MADINA