Feu Paul Antoine Bohoun Bouabré

@Informateur.info- Définitivement acquitté par la Cour pénale Internationale (CPI) des charges de crimes de guerre et crimes contre l’humanité le 31 mars dernier après un séjour carcéral de huit ans à La Haye, Laurent Gbagbo, l’ex-président ivoirien (2000-2011), est attendu, ce jeudi 17 juin, aux bords de la lagune Ebrié. Dix ans d’absence ponctués par la disparition, outre de sa génitrice, de plusieurs de ses collaborateurs et compagnons de lutte dont l’ombre planera sur le retour de l’ancien chef de l’Etat.

Laurent Gbagbo retrouvera la terre de ses ancêtres le cœur rempli de mélancolie. Pour cause, dix ans après la crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011, une quinzaine de ses proches compagnons de lutte manqueront à l’appel du retour du grand chef. Ministres, élus, directeurs de sociétés parapubliques, journalistes…, ils ont été fauchés par la mort durant la détention de leur leader et mentor au quartier pénitentiaire de la CPI, à Scheveningen, dans les faubourgs de La Haye, au Pays-Bas.

Feu Paul Antoine Bohoun Bouabré

De manière chronologique, c’est le ministre d’Etat, ministre du Plan et du Développement, Paul Antoine Bohoun Bouabré, décédé le 10 janvier 2012 qui a ouvert la liste macabre des décès des proches de l’ancien président ivoirien. Visé par un mandat d’arrêt international émis par la justice ivoirienne pour de présumés crimes commis lors de la crise postélectorale, ce natif de Saïoua (centre-ouest) avait trouvé refuge en Israël où il a rendu l’âme dans l’attente d’une greffe de rein, en négociant le dégel de ses avoirs.

Comme Bohoun Bouabré, Jean Baptiste Gomont Diagou, maire élu de Cocody en 2001, a succombé d’une crise cardiaque, le 17 février 2012 au Ghana où il était en exil. Lui, aussi, comme la majorité des exilés, avait ses avoirs gelés par les nouvelles autorités après la chute de Laurent Gbagbo.

Feu Sassan Kouao

Cinq mois plus tard, l’ancien ministre de la Culture et de la Francophonie, Koné Dramane, écrivain et brillant intellectuel, est emporté, le lundi 23 juillet 2012, par le diabète qui le rongeait depuis de long mois. Il a rendu l’âme à la Polyclinique internationale Sainte Anne-Marie (PISAM) de Cocody où il avait été évacué la veille. L’hécatombe se poursuit avec la disparition de Mahan Gahé Basile. Arrêté début juillet 2011et détenu dans une prison au Nord du pays, en compagnie de nombreux cadres du FPI de Laurent Gbagbo, ce syndicaliste émérite a payé de sa proximité avec l’ancien chef de l’État. Libéré en décembre 2012, après 16 mois de détention, Mahan Gahé succombera le 16 septembre 2013, des suites de sévices et autres traitements inhumains subis en détention, témoigne son entourage.

  • 2018, l’année sombre pour les pro-Gbagbo
Feu Miaka Ouéréto

Avant 2018 qui a enregistré cinq décès dans les rangs des proches de Gbagbo, Pr Miaka Oureto, Vice-président du FPI, s’en va dans le ventre mou de la nuit le 24 octobre 2015 des suites d’une longue maladie, dans un établissement hospitalier abidjanais. Suivi du journaliste et politicien ivoirien, Mamadou Ben Soumahoro, décédé le 11 avril 2016, d’une crise cardiaque à Accra au Ghana, où il s’était installé depuis la fin de la crise postélectorale de 2011.

Feu Ben Soumahoro

L’année noire, 2018, commence le 12 février avec le décès de l’ex-ministre de la Fonction publique, Jean-Jacques Bechio. Arrêté aux côtés de Laurent et Simone Gbagbo, le 11 avril 2011, lors de la conquête d’Abidjan par les forces pro-Ouattara, il a été déporté et emprisonné à Katiola (au Centre-Nord). Libéré sous condition le 20 décembre 2012 après 20 mois passés derrière les barreaux, Jean Jacques Béchio décède, brutalement, dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 février 2018, des suites d’une courte maladie à Abidjan. “Il est mort dignement dans son sommeil, on l’a retrouvé sans vie ce matin dans son lit”, avait témoigné une de ses proches, au moment des faits.

Feu Paul Dokui

Célèbre animateur de Radio Côte d’Ivoire puis Fréquence 2, Paul Dokui est décédé dans la nuit du mardi au mercredi 6 juin 2018 à Cotonou, au Bénin, où il vivait en exil depuis la fin de la crise postélectorale de 2011. Malade depuis 2012, victime d’un AVC en 2016, l’homme de radio survivait dans une extrême pauvreté (gel de ses avoirs) quand la mort le fauchait. Professeur émérite de cardiologie, Abouo N’Dori Raymond, ex-ministre de la Santé et de l’Hygiène publique puis ministre de la Construction et de l’Urbanisme du Président Laurent Gbagbo, est décédé le samedi 8 septembre 2018 à son domicile d’Agboville des suites d’une crise cardiaque consécutive à un accident vasculaire cérébral.

Feu Marcel Gossio

Un mois après le décès de ce cardiologue chevronné, c’est autour de l’ancien Directeur général du Port autonome d’Abidjan, Marcel Gossio d’allonger la liste macabre. Il décède d’un arrêt cardiaque le 21 octobre 2018 à Abidjan. A la chute de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, Marcel Gossio avait quitté Abidjan le 13 avril pour le Maroc, où il restera plus de trois ans. À son retour d’exil, le 17 janvier 2014, il s’était reconverti dans le privé avec la création d’un cabinet de conseil portuaire.

Feu Sangaré Aboudramane

Une dizaine de jours après la disparition de Marcel Gossio, Abou Drahamane Sangaré qui s’en va. Celui que l’on surnommait “le gardien du temple” était l’historique compagnon de route de Laurent Gbagbo. Une amitié d’un demi-siècle qui a perduré même après la chute et l’incarcération à la Cour pénale internationale (CPI) de l’ancien chef de l’Etat. Après deux semaines d’hospitalisation, Aboudramane Sangaré a rendu l’âme le 3 novembre 2018 dans une grande clinique abidjanaise.

Feu William Atteby

L’année 2018 se termine avec la disparition, le 2 décembre du Pr Séry Bailly, ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique sous Laurent Gbagbo, dans un établissement sanitaire d’Abidjan alors qu’il était en instance d’une intervention chirurgicale. Célèbre et richissime planteur à Niablé (Est du pays) et combattant de la liberté, Sassan Kouao, ami personnel de Laurent Gbagbo, est décédé le 30 septembre 2020 au Ghana où il était en exil. Avant ce dernier, le 26 juin 2020, c’est l’ex-député de Yopougon, William Attéby, cadre du FPI qui tirait sa révérence des suites d’une courte maladie à Abidjan.

Geneviève MADINA