@Informateur.info- GPS (Générations et Peuples Solidaires), le mouvement citoyen mis sur pied par l’ex-président de l’Assemblée nationale pour aller à la conquête de la magistrature suprême en 2020, est depuis, lundi 23 décembre 2019, décapité.

Son leader, Guillaume Soro, candidat déclaré à la présidentielle d’octobre 2020, sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour “atteinte à la sûreté de l’État, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux publics d’un montant de 1,5 milliard FCFA “, a choisi l’exil quand une répression sans nom s’abat sur ses partisans avec l’arrestation de 15 de ses lieutenants  comme en 1999 lorsque  le régime du président Henri Konan Bédié emprisonnait toute la direction du Rassemblement des Républicains (RDR), dirigé par Alassane Ouattara, candidat déclaré à l’élection présidentielle d’octobre 2000, contraint à l’exil car placé sous mandat d’arrêt international pour “faux et usage de faux en document administratif”, par le régime d’Henri Konan Bédié.

Flash-back. Le 27 octobre 1999, une marche du RDR ‘’non autorisée’’ pour réclamer une ‘’élection présidentielle juste, transparente et ouverte à tous’’ réprimée par le régime, se solde par 10 millions FCFA de dégâts, estime le pouvoir. Usant de la loi anti-casseurs -inspirée en 1992 par Alassane Ouattara, alors Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny, pour arrêter Laurent Gbagbo, secrétaire général du FPI à l’époque, son épouse Simone et plusieurs démocrates dont des députés, à la suite de la marche du 18 février 1992-, le régime de Bédié condamne à 24 mois de prison ferme, 16 dirigeants du RDR écroués à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Au nombre desquels, la secrétaire générale Henriette Diabaté, les députés Ally Coulibaly, Zémogo Fofana, Coulibaly N’golo et autres Kafana Koné Gilbert. Ceux-ci ont eu leur salut grâce au coup d’Etat des ‘’jeunes gens’’ du général Guéï qui ont ouvert les portes du pénitencier après le coup de force du 24 décembre 1999 qui a évincé Henri Konan Bédié et le PDCI du pouvoir.

Lire aussi Côte d’Ivoire: Une arrestation de Guillaume Soro de plus en plus évoquée

Une vue de la sortie de prison des membres de l’ex direction du RDR

Comme l’histoire est têtue ! Le 23 décembre 2019, soit deux décennies après, le même piège se referme sur  Guillaume Soro et les siens avec pour acteurs ceux qui, hier, étaient ‘’pourchassés et jetés en prison par le régime de l’époque’’, commente un analyste. A la différence qu’ici, il ne s’agit guère de marche ‘’non autorisée’’  mais d’une conférence de presse  (le droit à la libre expression dans une démocratie moderne) qui s’est terminée par une répression des organisateurs. Quinze au total. Tous ayant en commun un référant politique, Guillaume Soro, candidat déclaré à la présidentielle comme il y a 20 ans, la direction du RDR emprisonnée ne jurait que par Alassane Ouattara.

Comme l’histoire est têtue ! Comme hier, pour ses ambitions présidentielles, le régime Bédié taillait des croupières à Alassane Ouattara, le pouvoir de ce dernier cherche des noises à Guillaume Soro, candidat déclaré à la présidentielle prochaine. Depuis que le député de Ferké s’est, officiellement, porté candidat, les bruits de son arrestation circulent sous les manteaux jusqu’au lundi 23 décembre où le procureur de la République  lui a décerné un mandat d’arrêt international pour “atteinte à la sûreté de l’État, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux publics d’un montant de 1,5 milliard FCFA “. Et comme l’histoire est toujours têtue, il faut réduire ce ‘’candidat’’ au silence comme Alassane Ouattara l’a été avant le 24 décembre 1999, en décapitant son mouvement. Troublantes similitudes.

Alexandre Lebel ILBOUDO