La chambre nationale des Rois et chefs traditionnels (CNRCT-CI) sollicite la collaboration de la justice dans le règlement des conflits et litiges. Elle a rencontré le Garde des Sceaux, ministre de la justice et une forte délégation de son département le vendredi dernier au siège de l’institution à Yamoussoukro.
Invité de la Chambre nationale des Rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, le vendredi 4 mai dernier au siège de l’institution à Yamoussoukro, le garde des sceaux, ministre de la justice et des droits de l’homme, a ouvert les portes de la justice à cette nouvelle institution. «Nous sommes un ministère dont les travailleurs qui sont des juges ne disent rien que le droit, mais acceptons de partager avec vous nos expériences même si vous rendez, vous, les verdicts dans vos règlements de conflits et litiges à partir des us et coutumes», a tenu à préciser le garde des sceaux, Sanan Kambilé, ministre de la justice et des droits de l’homme.
Le président de la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, CNRCT-CI), sa majesté Tanoé Amon Désiré, a informé le ministre sur les missions qui sont dévolues à cette institution. Entre autres, le règlement des litiges et conflits dans un cadre juridictionnel. Indiquant qu’en agissant ainsi, la Côte d’Ivoire prend date avec l’histoire. Notamment celle qui réhabilite et préserve les valeurs traditionnelles dans l’intelligence des pratiques juridictionnelles modernes, pour renforcer l’Etat et non l’affaiblir. Les Rois et Chefs traditionnels veulent s’imprégner de l’article 175 de la constitution relatif à la mission dévolue à la Chambre. Mieux, ils veulent bénéficier de l’expertise riche et variée du département de la justice. Le faisant, le président de cette institution (CNRCT) avec le concours de ce département, entend saisir toutes les dimensions de cet article de la constitution. L’objectif, examiner avec le ministère de la justice toutes les possibilités de collaboration afin de rendre efficace la commission nationale de règlement de litiges et conflits de la CNRCT. Ainsi, avec la mise en place de cette commission sur tout le territoire national à travers les démembrements dans les régions et départements, celle-ci permettra à la CNRCT de régler les litiges liés à la désignation des chefs traditionnels, au foncier et à tout autre domaine relevant de sa compétence. Aussi, la justice ne pourra-t-elle, être saisie qu’après épuisement de toutes les voies de recours au niveau traditionnel et coutumier de la localité.

Armand Koffi

Correspondant Régional