@Informateur.info- Le processus de redéploiement des enseignants dans les zones du Sahel du Burkina Faso – en proie à de récurrentes attaques terroristes – mécontente les concernés et leurs syndicats. Depuis la matinée de ce jeudi 26 septembre 2019, ils battent le pavé devant les locaux du ministère de tutelle. Objectif, dénoncer et obtenir l’annulation des affectations «arbitraires».

C’est désormais la guerre entre Stanislas Ouaro, ministre en charge de l’école au Faso et les enseignants précédemment en service dans les régions du sahel, de la boucle du Mohoun et des hauts bassins. En sit-in devant le ministère, ce jeudi 26 septembre, les mécontents du processus de redéploiement dénonçaient les affectations en cours jugées ”arbitraires”. Voire scandaleuses. «Le processus de réaffectation a ignoré la nature du recrutement, l’ancienneté dans l’emploi, l’état de santé de nombre de travailleurs, etc. Il occulte volontairement des éléments importants tels la réunion des couples, les normes liées aux effectifs, l’absence d’une description des postes de travail, etc. A ces éléments, il faut ajouter le refus du ministère de disposer sur les affectations pour nécessité de service de façon pérenne. Pendant que les autorités s’engagent dans cette voie de toute évidence aux visées répressives, elles se soucient peu de la mise en œuvre du protocole d’accord signé avec les organisations syndicales dont le volet correction de leur indemnité, de leur avancement ou bonification tardent encore pour nombre de travailleur, de la non adoption du statut, du non remboursement des coupures abusives opérées chez certains camarades de Bobo du fait de leur action sur des affectations abusives”, récriminait le porte-parole, Souleymane Badiel, secrétaire général de la Fédération des syndicats de l’éducation (Fsynter).

Co-signataire d’une déclaration de protestation avec Bikienga Abdoul Karim du Synateb ; de Windyam Zongo dy Synapager et de Logobana, Juste Koumara du Syntas se plaignait également d’un processus de redéploiement non inclusif. ‘‘L’opération n’a pas été participative du fait que les organisations syndicales aient suspendu leur participation face au refus de l’administration de prendre en compte un certain nombre de critères qui auraient rendu les décisions plus objectives”, devait relever le syndicaliste, déplorant par ailleurs que les affectations ne visent pas une gestion rationnelle des personnels au regard des nombreux manquements constatés. En exemple, dans de nombreux cas, l’opération a consisté à une simple permutation d’agents, à enlever certains pour les remplacer par d’autres de mêmes discipline, etc. L’opération ne repose pas sur une évaluation objective des effectifs des personnels dans les établissements. Dans ce sens, les PEJEN dont la première promotion ne sera pas à leur poste de travail à cette rentrée, les stagiaires, les SND et même des vacataires ont été comptabilisés comme du personnel dans les établissements. D’ailleurs, la révision à trois reprises de la liste au plan national en l’espace de deux semaines dans la Région du Centre montre tout le manque de sérieux qui a entouré ce travail et ses objectifs qui ne sont pas avoués officiellement”, s’est-il plaint Appelant au retrait ”pur et simple des affectations arbitraires ne prenant surtout pas en compte le contexte lié à la fermeture de plus de deux mille établissements sur le territoire du fait de l’insécurité”.

Alfred SIRIMA

Correspondant Informateur.info

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