Ex-rébellion malienne (Image d'archive)

@Informateur.info- Le projet de signature d’un accord entre les autorités de la transition au Mali et la Société militaire privée russe Wagner a fait réagir, jeudi, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), signataire de l’accord de paix d’Alger en 2015 avec le gouvernement et les groupes armés pro-Bamako.

En effet dans un communiqué, l’ex-rébellion malienne a estimé que «la priorité pour la stabilité du Mali est d’aller rapidement à la mise sur pied de l’armée reconstituée, conformément aux dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation».

La Coordination des mouvements de l’Azawad voit donc d’un mauvais œil la signature d’un accord avec Wagner. «Ce sont les populations civiles déjà meurtries et fragilisées par une décennie de crise qui vont payer le prix de l’utilisation des mercenaires du groupe Wagner connus pour leurs graves violations de droits de l’homme dans les pays où ils sont déployés», précise le communiqué.

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Prenant donc position sur cette affaire largement relayée par les médias, l’ex-rébellion s’en démarque aussi clairement en s’y opposant. «La CMA condamne et s’oppose fermement à tout usage des milices quels que soient leur nature et le motif qui les sous-tend et tient entièrement l’Etat malien pour responsable de ce qu’il adviendra s’il s’exécutait malgré tout», prévient le communiqué.

Sur le même sujet, le Première ministre malien, Choguel Maïga, a réagi vendredi, à l’occasion d’une rencontre avec deux associations de la société civile malienne, en ces termes : «Il y a des zones abandonnées qu’il faut occuper aujourd’hui. On ne peut pas les laisser vides. On ne peut pas nous interdire d’acheter du matériel à un pays avec lequel on a un accord parce qu’un autre ne veut pas. On ne peut pas nous empêcher d’envoyer des gens être formés dans un pays donné parce qu’un autre pays ne veut pas. On est obligé de nous interroger : ne faut-il pas avoir de plan B ? ».

Des propos qui confirment bien que des négociations sont en cours avec la SMP Wagner dont le déploiement prochain pourraient être le plan B de la transition malienne, pour combler le retrait français annoncé.

Alfred SIRIMA