@Informateur.info- L’élection présidentielle en cours en Côte d’Ivoire est loin de connaître un fort taux de participation à Yopougon, la plus grande commune du pays, à l’ouest d’Abidjan, la capitale économique, a constaté un journaliste de Informateur.info sur place, à la mi- journée, ce samedi.

De Niangon Nord et Sud en passant par la Sicogi aux Toits rouges et Siporex, des sous-quartier de la commune, le constant est identique. Des bureaux de vote ouverts attendent, désespérément, des électeurs. Et les agents électoraux de la CEI, organe chargé de l’organisation des élections dans le pays, se tournent les pouces dans les différents bureaux de vote. A l’image de Mme Diomandé Massénani, chef du bureau de vote (BV) No 1 du centre de vote du Groupe Scolaire Bas-Fonds de Yopougon Niangon Nord.

“Depuis l’ouverture du scrutin à 8h 00, il n’y a que 10 électeurs qui se sont présentés sur 416 attendus”, nous a-t-elle indiqué à 12h 05 mn. A la même heure, son collègue du BV 7, Touré Manis comptabilisait 12 électeurs sur 450 inscrits sur la liste électorale. “On attend toujours les électeurs et espérons qu’ils viendront accomplir leur devoir civique”, se rassure M. Coulibaly. Pendant ce temps, un électeur, après près d’une dizaine de minutes dans l’isoloir lui demande ”monsieur, on vote comment?“. “Avec le stylo ou l’encre”, répond l’agent de la CEI. Ce qui arrache des éclats de rire à deux observatrices du Conseil national des droits de l’homme (CNDH).

Selon l’une d’entre elles, qui a souhaité gardé l’anonymat, “dans les centres visités, on a noté l’absence d’électeurs même si les quelques rares ont pu voter sans problème, en toute sécurité”. Au niveau sécuritaire, il faut signaler l’absence des forces de l’ordre dans la quasi totalité des centres visités. ” Ici, nous avions ce matin, deux gendarmes et un est parti on ne sait pas où après l’ouverture du scrutin, laissant son collègue seul qui est allé manger“, reconnaît M. Coulibaly Basile, président du centre du Groupe scolaire Bas-Fonds qui compte 9 bureaux de vote.

Cependant, il faut noter la présence massive d’individus aux biceps développés dans ce centre comme partout ailleurs pour “sécuriser le scrutin”, dit-on. “Ce sont des loubards déversés tôt le matin”, révèle un riverain. L’un d’eux se faisant appeler “Amoro” nous confie qu’ils sont là ” pour empêcher les fauteurs de troubles d’empêcher les honnêtes citoyens de voter”. Le message est passé.

Au groupe scolaire EPP Sicogi de Niangon Sud à droite qui compte six bureaux de vote, le spectacle est identique. Les électeurs font défaut. Dans ce centre où un millier d’électeurs est attendu, à 13h, moins de 50 personnes avaient déjà voté. “Je crains pour le taux de participation”, se désole le président du centre qui n’a pas souhaité décliner son identité. A l’EPP Siporex I, en lieu et place des électeurs (1321 inscrits), on observe la présence remarquée de ces “hommes aux biceps“. Pendant ce temps, seuls 34 personnes ont accompli leur devoir civique. Il était 13h 05mn.

Signalons que dans tous les bureaux de vote, seul le candidat du RHDP (pouvoir) Alassane Ouattara, avait un scrutateur. Le candidat indépendant, Kouadio Konan Bertin n’était pas représenté dans les différents BV visités.

Rappelons que les candidats Henri Konan Bédié (PDCI-RDA) et Pascal Affi N’guessan (FPI) retenus par le Conseil constitutionnel ont appelé à la désobéissance civile et au boycott parce que “ne se sentant pas concernés par ce scrutin” en guise de protestation contre la candidature du président Ouattara pour un “3è mandat illégal et anticonstitutionnel”.

Geneviève MADINA