@Informateur.info- Les résultats officiels provisoires du premier tour de l’élection présidentielle du 31 octobre, communiqués, lundi nuit, par le président de la CEI (Commission électorale independante), Coulibaly-Kuibiert, donnant vainqueur le candidat Alassane Ouattara avec 94, 27% des suffrages laissent apparaître des incongruités arithmétiques faisant planer des doutes sur la régularité et la sincérité du scrutin.

Ainsi, selon la CEI, le président sortant Alassane Ouattara est plébiscité avec un taux de 94.27 % des voix suivi de Kouadio Konan Bertin ( 1.99 % ). Les deux autres candidats, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’guessan qui ont suspendu leur participation au processus électoral depuis le 15 septembre 2020, arrivent, respectivement, en 3è et 4è position avec 1,66% et 0,99% des suffrages. L’organe chargé des élections en Côte d’Ivoire relève, également, 1, 66% de bulletins nuls et un taux de 1,09% de bulletins blancs.

Cependant, de l’analyse de ces chiffres, se dégage une incongruité arithmétique effarante. En effet, l’addition des pourcentages des “quatre” candidats réunis donne 98, 91% au lieu de 100% des suffrages. Et quand on ajoute les bulletins blancs (1.09%) et bulletins nuls (1.66%), on se retrouve à 101.66%. Incroyable ! Malheureusement, Coulibaly-Kuibiert Ibrahime n’a pas trouvé d’explications (au moment où nous mettons sous presse) de ce calcul que certains qualifient “d’arabe” pour ironiser, en hésitant pas à dénoncer une “manipulation honteuse” des chiffres comme lors de la proclamation des résultats par région.

Pour rappel, dans des départements comme Sinématiali au nord et Danané à l’ouest, les votants étaient plus nombreux que les inscrits. Ainsi, à Sinématiali, la CEI a annoncé 26 000 inscrits pour 29000 votants. Les explications après coup du porte-parole de l’institution évoquant “des cas de vote du personnel d’astreinte” ressemblent fort bien à un coup d’épée dans l’eau dans l’opinion publique. A côté de cela, si on ajoute les cas des villes, désormais siamoises, Man et Korhogo (vous remarquerez qu’il y toujours une ville de l’ouest et une autre du nord) qui enregistrent le même suffrage pour chacun des quatre candidats, la sincérité des chiffres donnés par M. Coulibaly sont loin de refléter la réalité. Dans chacune de ces deux villes, Ouattara a obtenu 98, 61%, KKB (0,31%), Bédié (0,39%) et Affi (0,18%). Troublant! Ces chiffres laissent transparaître une vaste opération de fraude pour un scrutin controversé où le président sortant n’était, en réalité, en compétition contre lui-même.

Le taux de participation (53, 90 %) controuvé par Coulibaly-Kuibiert en ajoute, à la non- regularité du scrutin du 31 octobre que tout le monde sait perturbé et empêché dans plusieurs localités par des violences meurtrières et que 59% des électeurs (selon la CEI même) n’ont pu retirer leur carte du fait de ces violences avec, au total, un quart des bureaux de votes ouverts.

Ce qui donne du crédit aux conclusions de la Mission internationale d’observation électorale conduite par EISA et le Centre Carter (MIOE) soulignant que ” le contexte politique et sécuritaire n’a pas permis d’organiser une élection présidentielle compétitive et crédible”.

Geneviève MADINA