@Informateur.info- Quelque 700 000 Bissau-guinéens sont appelés aux urnes pour élire, ce dimanche, le successeur de José Mario Vaz, à la tête d’un pays qui a connu seize tentatives de coups d’État et quatre putschs militaires, depuis 1974, date de son indépendance.

Pour ce deuxième tour de la présidentielle, deux anciens Premiers ministres vont s’affronter. Il s’agit de Domingos Simoes Pereira (56 ans), chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, le principal parti du pays), arrivé en tête du premier tour avec 40,13 % des suffrages et de son challenger, le général de brigade de 47 ans, Umaro Sissoco Embalo, démissionnaire en janvier 2018 du PAIGC pour prendre les commandes du Madem G-15, une formation politique sortie des entrailles du principal parti du pays. Au premier tour, il n’avait récolté que 27,7% des suffrages. Cependant, pour ce scrutin, Umaro Sissoco a réussi à fédérer autour de lui les soutiens de Nuno Gomes Nabiam, arrivé troisième (13 % des voix) et de José Mario, le présidant sortant qui n’a terminé que quatrième avec 12 % des suffrages lors du premier tour.

De l’avis des observateurs, l’enjeu majeur du scrutin demeure la stabilité de la Guinée-Bissau, pays lusophone d’Afrique de l’Ouest avec ses 1,8 million d’habitants qui a connu, depuis son indépendance en 1974, seize tentatives de coups d’État et quatre putschs militaires dont le dernier, en 2012, entre les deux tours de la présidentielle, a conduit au renversement du Premier ministre de l’époque Carlos Gomes Junior.

Les espoirs fondés en l’élection de José Mario Vaz (juin 2014) pour pacifier et remettre sur les rails le pays englué dans la corruption et plaque tournante du trafic de drogue, se sont volatisés comme peau de chagrin. Par la suite, le pays est rentré dans une nouvelle zone de turbulence avec le limogeage du Premier ministre Domingos Simoes Pereira, en août 2015, par le président Mario Vaz qui a nommé pas moins de 7 Premiers ministres par la suite. Le limogeage du dernier, Aristide Gomes (soutenu par la CEDEAO) à quelques semaines du premier tour, a failli faire basculer, à nouveau, le pays dans une crise profonde n’eût été la ‘’sagesse’’ de l’armée.

Geneviève MADINA avec France 24