@Informateur.info- Quelque 24 millions d’électeurs algériens sont appelés, ce jeudi, aux urnes pour pourvoir au poste de président de la République laissé vacant par Abdelaziz Bouteflika, démissionnaire, après 20 ans de présence à la tête du pays.

Cependant, le scrutin que rejette une bonne partie d’Algériens qui veulent ‘’le renouvellement total de la classe politique’’ a débuté avec des heurts à Alger la capitale du pays, où plusieurs manifestants opposés à la tenue du vote ont été arrêtés. Sur les pancartes des manifestants diffusés sur les réseaux on pouvait lire ‘’les généraux à la poubelle et l’Algérie aura son indépendance’’ ou ‘’pas de vote avec la mafia’’.

Depuis 10 mois, des millions d’Algériens hostiles au scrutin, déjà reporté à deux reprises, manifestent et ‘’exigent un renouvellement total de la classe politique’’. Mercredi, des milliers d’Algériens étaient dans la rue pour s’opposer, à nouveau au scrutin, estimant que les cinq candidats en lice pour la succession d’Abdelaziz Bouteflika ‘’représentent la continuité du système’’ pour avoir, tous, été des proches du régime Bouteflika.

  • Qui sont ces 5 candidats?

Abdelaziz Belaïd : à 56 ans, il est le plus jeune des candidats et participe, pour la deuxième fois, à une élection présidentielle après 2014 où il avait récolté 3% des suffrages exprimés. En 1986, il intègre le Front de libération nationale (FLN) et fait partie d’organisations de jeunes qui soutiennent Abdelaziz Bouteflika. Elu député en 1997, il fonde en 2012, son parti, le Front El-Moustakbel, proche du pouvoir. C’est le seul candidat à ne pas avoir occupé de fonction ministérielle.

Ali Benflis : le président du parti Talai el Houriat, ancien magistrat et avocat, brigue le fauteuil présidentiel pour la troisième fois, après 2004 et 2014 où il occupe le deuxième rang, loin derrière Abdelaziz Bouteflika. C’est le principal opposant au chef de l’État démissionnaire, depuis quinze ans. A 75 ans, ses détracteurs lui reprochent son passé d’ex-membre du bureau politique du FLN, d’ancien directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika dont il fut le chef du gouvernement entre 2000 et 2003, lors du premier mandat de Bouteflika.

Abdelkader Bengrina : pour sa première participation à un scrutin présidentiel, cet ancien syndicaliste de 57 ans, ex-ministre du Tourisme (1997-1999), se présente sous les couleurs d’El-Bina (Construction), parti qu’il a créé en 2013 et qui fait partie d’une coalition islamiste. L’un de ses députés a été élu à la présidence de l’Assemblée nationale, en juillet dernier.

Pour cette présidentielle, il est le seul représentant islamiste, les principaux partis de cette mouvance ayant considéré que les conditions n’étaient pas réunies pour la tenue du scrutin.

Azzedine Mihoubi : ancien journaliste, écrivain, Azzedine Mihoubi (60 ans) a été député de 1997 à 2002, puis ministre de la Culture en 2015, sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika. Il occupe cette fonction jusqu’en mars dernier.

C’est la première fois qu’il se présente à la présidentielle, comme candidat du Rassemblement national démocratique (RND) dont il est actuellement le secrétaire général par intérim. Son parti est un allié traditionnel du FLN au sein de l’Alliance présidentielle ayant soutenu Abdelaziz Bouteflika.

Abdelmadjid Tebboune : plusieurs fois wali (préfet) et ministre, cet ancien haut fonctionnaire de carrière (74 ans) est nommé Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika en 2017 avant d’être remercié, trois mois plus tard, pour avoir tenu des propos sur la corruption et s’être attaqué aux oligarques proches du chef de l’Etat. Toujours membre du Comité central du FLN, mais il se présente comme candidat indépendant.

Geneviève MADINA avec Rfi