@Informateur.info- La campagne présidentielle et législatives au Burkina commencée le 31 octobre dernier tire vers sa fin pour connaître son épilogue le 20 novembre prochain. En deux semaines de campagne, les 13 candidats à la présidentielle ont déroulé leur projet de société où le retour de l’ex-président Blaise Compaoré, en exil en Côte d’ivoire depuis octobre 2014, et la question sécuritaire liée au terrorisme ambiant occupent une place de choix.

On peut le dire, Blaise Compaoré qui a dirigé le Burkina durant 27 ans avant d’être chassé par une insurrection populaire le 31 octobre 2014, est le programme politique des candidats à la présidentielle burkinabè du 22 novembre 2020. Pourtant en 2015, lors de la présidentielle qui à suivi la chute de l’enfant de Ziniaré, aucun des candidats, y compris l’actuel locataire du palais de Kosyam, Roch Kaboré, n’a osé évoquer le retour de Blaise Compaoré en exil à Abidjan. Pour certains candidats, c’était un sacrilège de parler de lui. Pire, son parti, le CDP et ses proches étaient interdits de candidature.

Aujourd’hui, prétextant d’une réconciliation nationale, presque tous les prétendants au fauteuil présidentiel, proposent aux électeurs le retour de Blaise Compaoré comme offre politique.

Ainsi pour Roch Kaboré, candidat à un deuxième mandat, “le président Compaoré est un ancien président. A ce titre, il faudra travailler à son retour dans la dignité et dans le respect de son rang”, a-t-il rassuré lors de ses échanges avec les forces vives du plateau central à Ziniaré. Comme on le voit, le candidat du MPP, Roch Kaboré qui avait “refusé” la main tendue, il y a un an, par Compaoré depuis son exil abidjanais, adoube ses parents pour “un retour dans la dignité” de leur fils.

Quant au candidat Kadré Désiré Ouédraogo, il estime que le Burkina a besoin de tous ses fils filles pour don développement. “Je ferai en sorte qu’il n’y ait plus d’exilés politiques au Burkina Faso. La place de Blaise Compaoré est au Burkina Faso et nous travaillerons pour son retour, une fois élu au soir du 22 novembre”, promet-il, insistant que “la place du président Blaise Compaoré est au Burkina Faso. Il reviendra dans sa patrie pour qu’ensemble nous luttions pour la prospérité, la solidarité et la stabilité de notre chère nation”.

Le candidat du parti le Faso Autrement, Dr Ablassé Ouédraogo ne dit pas autre chose. Lui qui dans le cadre de la Coalition pour la Démocratie et la Réconciliation Nationale (CODER), organisation politique non étatique militant pour la préservation de la paix avait donné le ton. Il a appelé à “une union d’actions de toutes les organisations, formations et structures résolument engagées pour le retour des exilés politiques et la réalisation de la réconciliation nationale”. Comme lui, le candidat Zéphirin Diabré avait émis le souhait du retour de Blaise Compaoré lors d’une rencontre dans le cadre du dialogue politique entre la majorité présidentielle et l’opposition. Depuis, Il met un point d’honneur à cet engagement.

Pour son parti, le CDP, le retour de Blaise Compaoré est une priorité absolue voire fondamentale. Et le candidat Eddie Komboïgo qui s’identifie à l’ex-president du Faso entend remporter le scrutin pour faire de ce retour une réalité en vue d’une réconciliation nationale.

Pour rappel, Blaise Compaoré a quitté le pouvoir le 31 octobre 2014, après 27 ans de règne et de stabilité du pays, suite à une révolution populaire consécutive à un projet de révision constitutionnelle.

Outre le retour de Blaise Compaoré, le terrorisme qui a fait près d’un millier de victimes et plus 1,2 million de déplacés internes, depuis 2015, s’invite dans cette campagne électorale. Chaque candidat, déplorant, la situation sécuritaire délétère y va de son imagination pour réunifier le pays dont la partie septentrionale est sous occupation de groupes terroristes.

Ainsi pour Zéphirin Diabré, le terrorisme n’est pas qu’une crise mais “un désastre sécuritaire”. C’est pourquoi il avait placé son investiture le 25 juillet 2020 sous le thème de “Tous ensemble avec Zéphirin Diabré pour un nouveau départ en toute sécurité”. Conformément à son programme de société, le candidat du MPP, Roch Kaboré, a déclaré que sa priorité pour les 5 ans à venir sera “de sécuriser tout le Burkina Faso et de réinstaller tous les déplacés internes dans leurs localités d’origine afin qu’ils puissent reprendre leurs activités en toute quiétude”.

Dans son projet de société, “un nouveau pacte pour l’édification d’un Burkina de Paix et de Prospérité”, l’offre politique du candidat Eddie Komboïgo se décline en 21 défis tout aussi prioritaires les uns que les autres dont ” le défi de la sécurité et de la paix sur toute l’étendue du territoire” occupe le deuxième rang. Il s’agit, explique Eddie Komboïgo, de “rétablir l’intégrité du territoire et d’en assurer la protection permanente contre toute forme d’agression, d’occupation et de terreur”.

Alfred SIRIMA