@Informateur.info- Le 22 novembre prochain, les électeurs au Burkina Faso sont appelés aux urnes pour désigner le président de la République. Candidat à sa propre succession, Roch Marc Christian Kaboré devra faire face à plusieurs adversaires dont les plus coriaces sont Zéphirin Diabré et Eddie Komboigo.

Si la campagne se déroule dans un environnement assez calme, cette élection ne va pas concerner des milliers de burkinabés. De fait, en raison de la situation sécuritaire dans le pays, la Commission électorale a dénombré près de 1600 villages qui n’ont pu être enregistrés.

Ces localités et leurs populations situées majoritairement dans le nord du pays ne devraient donc pas participer à désigner le futur locataire du palais de Kosyam. En outre, il faudra aussi prendre en compte en faisant le point des «oubliés» de ce vote, les déplacés internes.

Le pays des Hommes intègres en compte plus d’un million. Ces derniers qui fuient les violences terroristes qui ont débuté dans le pays en 2015, quelques mois après la chute de Blaise Compaoré ne vont également pas participer à l’élection qui est couplée avec celle des députés.

De fait, en fuyant les violences des groupes terroristes, ces populations ont abandonné derrière elles les documents administratifs nécessaires à l’accomplissement de leur devoir civique.
L’enjeu sécuritaire, une clé du vote

Depuis l’insurrection qui a abouti à la perte du pouvoir par Blaise Compaoré, le Burkina Faso fait face à des raids meurtriers de groupes terroristes agissant dans la zonz sahélienne. Ce sont en tout 4 groupes terroristes qui opèrent dans le pays. Entre avril 2015 et mai 2020, ce sont 436 morts qui ont été enregistrés du côté des forces armées du Burkina Faso.

En ce qui concerne les pertes civiles sur la même période, l’Observatoire pour la démocratie et les droits de l’homme (ODDH) répertorie 1219 civils tués et 349 blessés par les djihadistes et 588 civils tués par les forces armées du Burkina Faso.

L’enjeu sécuritaire est donc un aspect très important dans un pays où les populations sont lasses d’avoir peur. Roch Kaboré a souvent été critiqué par ses adversaires sur sa capacité à assurer la sécurité des Burkinabés. L’actuel locataire de Kosyam est bien souvent attaqué sur ce pan de sa gouvernance.

Le prochain président du Faso sera donc très attendu sur la question de la lutte contre le terrorisme. En plus de la lutte contre la pauvreté et de la bataille pour le développement, le Burkina attend énormément de son prochain dirigeant sur le point de la sécurité.

Alfred SIRAMA