M. Zéphirin Diabré

@Informateur.info- L’élection présidentielle au Burkina Faso a livré son verdict. Roch Marc Christian Kaboré a été réélu pour un second mandat. Le candidat du MPP a raflé la mise dès le premier tour mettant ainsi en œuvre son fameux « un coup KO».

Avec 57,87% des suffrages, l’ancien dauphin de Blaise Compaoré s’est offert un nouveau bail à Kosyam. Si cette victoire surprend peu au regard de la configuration politique actuelle au Burkina Faso, le scrutin du 22 novembre a livré un autre message.

En effet, Zéphirin Diabré, patron de l’UPC n’est plus le chef de file de l’opposition politique, le CFOP. Arrivé en troisième position à l’issue de cette élection, «Zeph» comme l’appellent ses partisans est le grand perdant de ce scrutin. Lui qui n’a pas su profiter du départ de Blaise Compaoré en 2015 essuie une nouvelle défaite et perd dans le même temps son statut de leader de l’opposition.
Ce rôle est désormais dévolu à Eddie Komboigo arrivé en seconde position avec 15, 48% des suffrages exprimés.

A la tête d’un CDP miné par les divisions internes qui expliquent en grande partie son score relativement bas, le président du parti fondé par Blaise Compaoré a confirmé ce statut en arrivant également en seconde position lors des législatives avec 20 sièges pour le CDP.

Le scrutin législatif a également confirmé le recul de Zéphirin Diabré qui n’a obtenu que 12 sièges au parlement là où il en avait obtenu 33 en 2015.
L’UPC rattrapée par la réalité?

A l’analyse, ces mauvais scores du parti de Diabré pourraient trouver une explication dans la différence entre la configuration politique de 2015 et celle de 2020.

En effet, il y a 5 ans, le CDP de Blaise Compaoré n’avait pas pris part à la présidentielle. Encore ébranlé par la chute brutale de son leader historique, l’ancien parti au pouvoir était alors en lambeaux. Cette absence du CDP a donc rebattu les cartes. Le MPP de Roch Kaboré prenait le pouvoir quand l’UPC elle raflait le leadership de l’opposition.

Cependant, 5 ans après, le CDP de retour dans le jeu politique a fait valoir son poids acquis pendant plusieurs années de gestion du pays. Face à cette situation, l’UPC ne pouvait que retrouver une place de 3e sur l’échiquier politique.
Reste désormais à savoir comment le parti qui aura 21 ans d’existence en mars 2021 va rebondir après cet échec.
Alfred SIRAMA