@Informateur.info- La candidature du président Alassane Ouattara pour un 3è mandat à la tête de la Côte d’Ivoire, se précise, de plus en plus, au regard du bouillonnement au RHDP, son parti, dont des cadres font feu de tout bois pour lui confier “l’héritage” laissé par le défunt Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, initialement, désigné pour porter les couleurs du parti présidentiel au scrutin du 31 octobre prochain.

L’intéressé ne s’est pas, encore, prononcé, publiquement, sur la question mais les signaux s’allument pour laisser éclore, sous peu, ce qui s’apparenterait comme un reniement de la parole donnée. Jusque-là, l’on s’en tient aux propos débités le 5 mars dernier par Alassane Ouattara devant le Congrès du Senat et de l’Assemblée nationale à Yamoussoukro. “Je voudrais annoncer solennellement que j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération“, avait-il déclaré devant les élus du peuple.

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Une profession de foi qui a franchi les frontières nationales pour trouver écho à travers le monde et plus particulièrement, en France, où son homologue français, Emmanuel Macron, a salué “la décision historique du Président Ouattara, homme de parole et homme d’État, de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle”, se réjouissant de “l’exemple donné” par la Côte d’Ivoire.

Depuis la fin des obsèques du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, candidat désigné le 12 mars 2020 pour être son dauphin présidentiel, on assiste à des tractations souterraines et publiques pour susciter la candidature du Chef de l’État. Comme pour dire ” ton fils est mort, vas-y, prends sa place”. Quelle indécence ! Or, en Afrique, par morale enseigne qu’on n’évoque pas ” l’héritage du fils mais celui du père”. Au RHDP, c’est à l’inverse que nous sommes en train d’assister.

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Le ton a été donné, officiellement, par Gué Pascal, le Chef central des Dan de la Région de Tonkpi qui, le vendredi 17 juillet, à la tête d’une forte délégation de ses pairs, a sollicité du frère cadet du Président Alassane Ouattara, Birahima Ouattara que son aîné de chef de l’Etat reprenne le flambeau laissé par feu Amadou Gon. “Une branche est tombée mais le baobab est là! La branche Amadou Gon est tombée mais le baobab Alassane est là”, avait-il, maladroitement, imagé, pour selon lui, “accompagner Ouattara à vie”. Après les chefs traditionnels du Tonkpi, ceux des régions de la Bagoué, du Poro et du Tchologo ont entonné, à des mots près, la même chanson, en attendant les autres régions du pays qui en compte 31.

Pendant ce temps, le Directeur exécutif du RHDP initie des rencontres avec les élus et les structures du parti. “Tout ça, c’est un jeu. Une mise en scène. Alassane Ouattara a déjà acté sa décision qu’il a communiquée à Bictogo“, dévoile un haut cadre du RHDP opposé à la candidature du Président Ouattara. Selon lui, “Adama Bictogo veut montrer que ce sont les militants et les structures qui demandent au président de briguer un troisième mandat”, insiste-t-il, sous le sceau de l’anonymat. La stratégie consistant à préparer l’opinion à la candidature controversée du chef de l’Etat.

Jean François FALL