@Informateur.info- La prochaine présidentielle en Côte d’Ivoire aura lieu en 2020, une certitude constitutionnelle, malgré les nombreuses incertitudes que laissent transparaitre ces joutes. Incertitudes parmi lesquelles, au-delà de l’atmosphère à proprement parler de la vie sociale dans le pays, il faut souligner, avec un “à méditer” en rouge dans la marge, l’issue du vote. Qui succèdera à Alassane Ouattara ? Un cadre du RHDP ou de l’opposition, ou encore Alassane Ouattara lui-même ? Le pari de la mobilisation réussi lors du meeting de l’opposition le samedi 14 septembre dernier donne forcément à réfléchir.

Alors qu’au RHDP (Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix) l’on affichait une confiance des jours avec, l’opposition ivoirienne désormais presqu’unie dans une plateforme, Pdci-FPI (de Laurent Gbagbo) a frappé dur en remplissant à la fois l’enceinte et les abords du parc des sports de Treichville. Sans tenir compte des superlatifs des organisateurs, à l’œil nu, l’on pouvait estimer la foule à environ 10.000 personnes. Un chiffre qui devrait réjouir les patrons de cette nouvelle alliance quand on sait combien cette opposition peine depuis, un peu plus de 8 ans maintenant à se maintenir soudé.

De sorte que le triptyque lâché par le premier ministre, Amadou Gon Coulibaly lors d’une cérémonie publique en janvier 2019 à Korhogo et repris à Abobo par le ministre de la défense, Hamed Bakayoko, «2020, c’est calé, géré, bouclé», peut ne plus tenir la route. En tout cas, plus solidement.

Cette façon de parler inspirée de l’argot ivoirien pourrait être définie littéralement comme suit : «calé» c’est programmé, «géré», toutes les dispositions sont prises et «bouclé», il n’y a rien à faire, le résultat, la victoire du RHDP, est connu d’avance. Au vu de la mobilisation de l’opposition samedi, il est clair que, évidemment 2020, c’est « calé ». Ce, sur la base de la Constitution ivoirienne de 2016. Cette année figure effectivement sur les agendas comme étant une année électorale. «Géré», oui, les dispositions sont en train d’être prises de part et d’autre. Mais, « bouclé », pas si sûr. Car, personne n’aurait parié que l’opposition bien déliquescente avant ce samedi historique, aurait rempli une salle. Preuve qu’il va falloir au RHDP revoir ses prétentions à la baisse. Et que la politique jusque-là menée par lui ne satisfait pas forcément tous les Ivoiriens.

A moins que cette boutade n’ait été lancé comme le fameux «on gagne ou on gagne» en 2010 que le monde et les Ivoiriens ont connu avec la LMP (Majorité présidentielle) conduite en son temps par Laurent Gbagbo au pouvoir, dont les retombée n’ont pas été très positif pour le pays qui a même sombrer dans une crise postélectorale. Sinon, dans l’absolu, samedi, l’opposition s’est réveillée ! Ses responsables comptent remettre le couvert le 19 octobre prochain à Yamoussoukro, en présence, selon eux, cette fois, d’Henri Konan Bédié, le chef du PDCI.

Franck ETTIEN

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