@Informateur.info- La crise ouverte entre les bouchers chevillards autorisés à abattre les animaux et la direction de l’abattoir à propos de la nouvelle tarification de l’abattage pourrait faire d’autres victimes. En effet, les marchands de bétail du parc de Port-Bouët ont été sollicités par la direction de l’abattoir pour l’achat direct d’animaux qu’elle souhaite faire abattre par ses soins en vue d’alimenter le marché menacé par une pénurie.

Cette substitution de la direction de l’abattoir aux bouchers n’est pas vue d’un bon œil par les marchands qui refusent d’accéder à cette demande de vente direct de leurs bêtes. «Les bouchers qui sont en grève nous doivent de l’argent. Les animaux qu’ils tuent tous les jours à l’abattoir ne sont pas toujours payés cash. Ils nous doivent de l’argent. Si nous acceptons de vendre nos bœufs à la direction qui n’est pas qualifiée pour le faire, comment les bouchers vont-ils pouvoir nous rembourser alors qu’ils travaillent pas», rapporte un marchand sous le sceau de l’anonymat à Informateur.info, ce jeudi 23 mai 2019, deuxième jour de la grève des bouchers.

Mais les marchands tiendront-ils longtemps dans leur refus de vendre les animaux à la direction de l’Abattoir? Pas si sûr dans la mesure où, selon des indiscrétions, le ministère des ressources halieutiques, informé de la situation aurait menacé de les chasser du parc s’ils refusaient la vente des bêtes à la direction de l’Abattoir.

Comme on le voit, la modernisation de l’Abattoir de Port-Bouët pourraient sonner le glas des anciens acteurs majoritairement constitués des Burkinabè. Qu’on en juge ! Sur 1424 apprentis-bouchers, seulement 90 sont désormais autorisés à y travailler pour le compte de 87 bouchers chevillards qui ont vu leurs frais d’autorisation d’exercer passer de 22.000 FCFCA à 72.000FCFA. Ce que l’on semble expliquer par la mécanisation de l’abattage qui est devenu moderne. Soit ! Mais comme si cela ne suffisait pas la mesure d’augmentation du coût de l’abattage est passée, mercredi dernier, de 3000 à 22.000 FCFA désormais pour les bœufs et les petits ruminants de 700 à 3.500 FCFA. A l’évidence, l’année 2019 déclarée «année du social» par le régime RHDP fera immanquablement des chômeurs à l’Abattoir.

Dalima Dahoué

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