Dans un communiqué en date du 5 mars 2020, l’Alliance nationale pour le changement (ANC), parti proche de Guillaume Soro a réagi à l’annonce faite par Alassane Ouattara de ne pas briguer un nouveau mandat en octobre prochain.

« Ce jeudi, 05 janvier 2020, le Chef de l’Etat, le Président Alassane OUATTARA a, devant les parlementaires ivoiriens, réunis en congrès à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, annoncé qu’il ne se représentera pas pour un 3ème mandat à l’élection présidentielle d’octobre 2020.

L’Anc, tout en en prenant acte salue une décision courageuse du Président Alassane OUATTARA, prise assurément contre la volonté des faucons de son régime qui travaillaient jusqu’à ce jour encore à un passage en force pour un troisième mandat, du reste anticonstitutionnel, de leur mentor.

Le ton éminemment solennel de cette annonce vient ainsi mettre un terme au débat né de la possibilité ou non d’un troisième mandat pour le Président Alassane OUATTARA.

Pour l’Anc, il est clair que le Chef de l’Etat ivoirien n’a juste fait que le choix du respect de la Constitution, qui prévoit deux (2) mandats à la présidence de la République. Au demeurant, son mérite, le seul, c’est d’avoir défié les va-t-en-guerre de son clan et évité ainsi au pays une crise pré-électorale qu’aurait suscité une interprétation biaisée et bancale de la loi électorale.

L’Anc, soucieuse de voir préserver dans le pays un climat de paix, à cette veille de la présidentielle où la tension sociale est montée d’un cran, encourage le Président Alassane OUATTARA à tourner définitivement le dos aux intrigants de son bord et à persévérer dans cette dynamique de rapprocher les Ivoiriens, à travers :

– Un arbitrage neutre et impartial des questions pertinentes liées à la vie de la Nation. C’est en se mettant à équidistant des chapelles politiques et des intrigues politiciennes qu’il peut véritablement incarner ce rôle de ciment de la cohésion sociale.

– La mise en place d’une Commission électorale équilibrée, consensuelle et véritablement indépendante. Ce qui n’est malheureusement toujours pas le cas.

– L’organisation d’élections inclusives, démocratiques et donc apaisées. Aucun candidat déclaré, annoncé ou supposé ne doit être exclu ou contraint à l’exil. C’est pourquoi, les poursuites judiciaires engagées contre le Président Guillaume SORO doivent être arrêtées pour lui permettre de rentrer dans son pays afin de peaufiner ses stratégies de campagne.  – En outre, la Constitution ne doit pas être tripatouillée à des fins électoralistes comme la précipitation actuelle le laisse à penser. Ce serait une grave menace sur la paix sociale.

– La libération des prisonniers politiques de tous les bords, notamment les cadres de GPS et des partis politiques proches de Guillaume SORO, détenus injustement depuis le 23 décembre 2019.

– La délivrance à titre gracieux et dans des conditions équitables de la CNI au profit  de tous les ivoiriens sans exclusive.

Le Président Alassane OUATTARA affirme respecter toujours ses engagements. Sans lui faire un procès d’intention, l’Anc veut croire qu’il est sincère et qu’il se mettra effectivement en retrait et au-dessus de la mêlée pour contribuer à l’éclosion d’une nouvelle génération de dirigeants politiques ivoiriens choisis par le peuple souverain de Côte d’Ivoire.

C’est à ce prix seulement qu’il rentrera positivement dans l’histoire.

 

Fait à Abidjan, le 05 mars 2020

Le Porte-parole

Justin Ives Esmel »