Roch Marc Christian Kaboré

@Informateur.info- Face aux nombreuses attaques récurrentes au Burkina Faso, la colère monte. Plusieurs protestations contre la mauvaise gestion sécuritaire se sont tenues à travers le pays où certains parlent même d’inaction des autorités. Et pourtant, sorti d’un long silence, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a, dans un message à la Nation le 27 juin, dit comprendre “la légitime indignation” de son peuple face à la situation sécuritaire préoccupante.

Dans la foulée, il limoge les deux sécurocrates de son régime que sont le ministre de la défense, Chérif Sy et son collègue de la sécurité intérieure, Ousséni Compaoré. Quoiqu’indexés par les populations quant à leur incapacité à tenir ces deux départements ministériels sensibles, le départ de MM. Sy et Compaoré du gouvernement peut-il faire baisser le mercure des récriminations contre le régime? Pas si évident!

La marche-meeting du Chef de file de l’opposition politique (Cfop) maintenue pour les 3 et 4 juillet prochains à Ouagadougou confirme bien que la situation dépasse le cadre d’un simple réaménagement ministériel. Après la marche de Dori, dans la région du Sahel, où des centaines de personnes ont manifesté, le 12 juin dernier, pour protester contre la tuerie de Solhan qui a fait 132 morts et exiger la prise de mesures urgentes pour la sécurité des populations et des axes routiers, celle à venir du Cfop risque d’amplifier les ressentiments face à l’horreur et la sidération collective nées des tueries de Solhan.

Roch Kaboré sait mieux que quiconque ce que représente une “révolte” populaire. On n’est pas encore là mais on ne transige pas avec les questions sécuritaires. Plus que le limogeage des deux ministres sus-cités, c’est de la politique militaire pour endiguer le terrorisme qu’il s’agit. C’est sur ce terrain que ses adversaires et les populations attendent le Président du Faso qui hérite, désormais, du portefeuille de la Défense. Au-delà des mots, il faut rassurer son peuple quant à la capacité de vaincre les djihadistes qui ont causé et causent encore tant de désolation dans les familles.

Le mécontentement contre le terrorisme va-t-il avoir raison du régime Roch Kaboré? Pour rappel, depuis le début de l’insurrection djihadiste, en 2015, au Burkina Faso, on dénombre plus de 1,2 million de déplacés internes, 800 morts, près de 400 écoles fermées… Roch Kaboré aborde un premier virage de son deuxième quinquennat avec la marche du Cfop.

Alfred SIRIMA