@Informateur.info- Rares sont ceux qui en suivant l’actualité Malienne, n’auront pas une pensée pour leur Burkina Faso. Les déterminants de la crise malienne se retrouvent quasi-parfaitement chez nous:

Corruption, guerre, détournement, massacres de groupes ethniques à connotations génocidaires, déplacés en grands nombre, enfants déscolarisés, occupation du territoire et vacuité de l’administration dans de nombreuses régions, violations de la constitution, crise économique, opposition aux réformes , entêtement à aller aux élections, délégitimation du pouvoir. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est sage et légitime de penser à prémunir notre pays contre les retombées de ce que nous avons vu au Mali.

C’est vrai que nous aurons fort à faire avec les maximalistes, ceux qui aveuglés par l’ambition, les avantages du pouvoir, la haine freineront des quatre fers contre toute intention de prendre des mesures qui touchent à leurs avantages et autres détraquements, mais encore une fois nous voyons ce que cela a produit au Mali !

Ils nous diront, le Burkina Faso n’est comparable à aucun pays. En populistes immunisés contre les souffrances populaires et aveuglés par leurs seuls intérêts, ils égrèneront les différences.

La première c’est le manque d’un Imam Dicko, la deuxième l’absence d’une opposition unie, non obsédée par les élections et vouée à la satisfaction prioritaire des urgences nationales, la troisième étant chez nous une armée qui reste à la recherche de son âme.

Le président Roch Kaboré tenant toujours la politique pour un jeu de dupes, se croyant protégé par une opposition pépère et par une bonne étoile qui le dispensera du même sort que IBK, pourrait dans ces conditions, forcer les balises qui pointent à l’horizon, pour tenir les élections, persuadé d’avoir la seule et véritable légitimité dans la souveraineté électorale.

Quelque soit le président élu ( encore que même si par extraordinaire Roch Kabore voulait trouver sa sortie honorable dans une défaite organisée , ses camarades l’en empêcheraient ), l’illégalité, et l’illégitimité resteront les mêmes.

Elles pourraient même être doublées, à dieu ne plaise, par la responsabilité qui leur incomberait d’avoir permis en allant dans des conditions de grande insécurité aux élections, aux djihadistes de se livrer, à l’occasion, avec un surcroît de cruauté et à coeur joie, à leur jeu favori de massacre.

Il n’est jamais tard pour conjurer le sort funeste. Il suffirait pour cela, que le président du Faso prenne sur lui le courage de différer les élections pour, préserver des vies humaines, pour accéder à la demande largement partagée de réconciliation et de dialogue nationale inclusif. Les Burkinabé dans leur grande majorité y ont déjà il faut le signaler, montré leur bonne disposition.

Non seulement les mécanismes pacifiques de gestion des conséquences existent, mais il se rachèterait de bien d’erreurs et de défaillances tragiques.

Il ferait mieux enfin, de se défier de la langue de bois au plan international et d’avoir la lecture la plus fine du coup d’Etat malien qui cachera mal avec le temps, toutes ses intelligences stratégiques notamment politiques et diplomatiques.

Me Hermann Yameogo