@Informateur.info- Un mauvais vent souffle sur l’Afrique de l’ouest dans ce dernier trimestre de l’an 2020 qui a vu cinq de ses anciens dirigeants rappelés à Dieu dont quatre dans le seul mois de novembre en cours.

Le premier à quitter le monde des vivants est Moussa Traoré, président du Mali (1968-1991), décédé le 15 septembre 2020, qui a dirigé la junte militaire ayant renversé le père de l’indépendance malienne, Modibo Kéïta. Il avait 84 ans. Après 23 ans de règne, Moussa Traoré, un général de l’armée, sera renversé par Amadou Toumani Touré dit ATT, à la tête d’une junte militaire. Ironie du sort, ATT tirera sa révérence le 10 novembre dernier après avoir conduit les destinées du Mali (1991-1992) d’abord, en sa qualité de chef de l’Etat de la transition après la chute de Moussa Traoré, puis en tant que président démocratiquement élu (2002-2012). Il est décédé en Turquie dans sa 72è année.

Après les deux anciens présidents maliens, l’Afrique de l’ouest pleure Jerry John Rawling, arraché à l’affection de tous le 12 novembre, à l’âge de 73 ans. Capitaine de l’aviation, Jerry Rawlings perpètre un coup d’État, le 4 juin 1979, renversant le régime du president Fred Akuffo et se porte au pouvoir avant de le céder le 24 septembre 1979, à un gouvernement civil, dirigé par le Président Hilla Limann. Le 31 décembre 1981, coup de théâtre. Prétextant que le régime est corrompu, Rawlings organise un nouveau coup de force pour renverser Limann. Il sera élu et réélu à la présidence du pays (1981-2001) avant de se retirer de la scène politique ghanéenne.

Décédé le 23 novembre 2020 à l’âge de 82 ans, Sidi Ould Cheick Abdallahi a dirigé la République islamique de Mauritanie du 19 avril 2007 au 6 août 2008, soit un an, 3 mois et 18 jours. Economiste, premier président, démocratiquement, élu de l’histoire de la Mauritanie, Sidi Ould Cheick Abdallahi sera renversé par un coup d’État militaire mené par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.

Alors que les larmes sont encore chaudes pour pleurer l’ancien président mauritanien, Mamadou Tandja, président du Niger (1999-2010), tire, aussi, sa révérence le mardi 24 novembre dernier. Il avait, également, 82 ans comme Sidi Ould Cheick Abdallahi.

En moins de trois ans, l’espace CEDEAO perd cinq de ses valeureux fils qui ont contribué au développement de la sous-région. Informateur.info exprime sa compassion aux familles et peuples éplorés.

Geneviève MADINA