@Informateur.info- Comme à la mi-juillet au plus fort de la contestation du pouvoir Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) par le peuple malien, la mission de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) n’a pu obtenir un accord avec la junte qui a renversé, il y a une semaine, IBK, sur les conditions d’un tranfert du pouvoir aux civils.

L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan et sa délégation de l’organisation sous-regionale ont buté sur l’intransigeance des militaires au pouvoir depuis mardi dernier. Après quarante-huit heures de discussions avec la junte, Goodluck Jonathan et les siens sont repartis, lundi soir, de Bamako sans un début d’accord avec les nouveaux hommes forts du Mali sur la période de transition. Les deux parties se sont séparées sans parvenir à un accord sur les conditions d’un transfert du pouvoir aux civils.

Sauf que l’annonce dimanche, par un média international, d’une transition politique de trois ans a, juste, fait grand bruit. Sans lendemain. Démentie par la junte qui a plutôt proposé une transition sur une période de deux ans là où la Cédéao s’agrippait à un “retour immédiat ” à l’ordre constitutionnel, entre “sept et douze mois” selon le ministre nigérien des Affaires étrangères. Autre point d’achoppement, c’est la composition de transition. Qui pour la diriger?

La méditation de la Cédéao est plus favorable à “un civil ou bien un militaire à la retraite”. Par la voix de son porte-parole, le Colonel-major Ismaël Wagué, la junte a évoqué un gouvernement de transition “composé de civils et de militaires” avec un des leurs à la tête de la transition. Une architecture qui n’a pas rencontré l’adhésion des médiateurs de la Cédéao qui ont, cependant, quitté Bamako avec une satisfaction. Celle des garanties obtenues des militaires sur la libération du président déchu Ibrahim Boubacar Kéïta qui n’est plus intéressé par “un retour au pouvoir”.

Jeudi, la médiation rendra compte à leurs mandants à la faveur d’une réunion par visioconférence des chefs d’État de la Cédéao qui a fini par admettre que sa mission au Mali “n’est pas pour imposer un gouvernement au peuple malien. Que ça soit un gouvernement élu ou transitoire, la décision reviendra aux Maliens”.

Geneviève MADINA