@informateur.info- Le président libérien George Weah est dans une mauvaise passe en cette fin d’année où le conseil des patriotes, une coalition d’associations entend manifester contre son régime confronté à une grave crise économique.

La grande manifestation prévue ce lundi par la coalition pour ‘’exiger le départ’’ de l’ex-Ballon d’or (1995) a été reportée in extrémis au lundi prochain après une médiation initiée par l’ONU et la CEDEAO. Depuis la meurtrière épidémie de la fièvre Ebola entre 2014 et 2016, le pays a vu son tissu économique désagrégé. C’est dans ce contexte que l’ancien footballeur a été élu à la tête du pays en décembre 2017 pour succéder en janvier 2018 à Ellen Johnson Sirleaf (première femme élue chef de l’Etat en Afrique).

Depuis, l’économie peine à se relever alors que le président George Weah avait promis il y a deux ans de faire de la lutte contre la pauvreté sa priorité à travers son slogan de campagne, avec un programme « pro-poor », destiné aux plus pauvres. Certes, dans un pays où 80% de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour, M. Weah a instauré l’université gratuite, lancé des projets d’infrastructures, avec la construction ou la réfection de routes et de bidonvilles mais ces chantiers ont été ternis par des révélations de fraudes.

De nombreux cas de détournements de fonds publics, de favoritisme ou de trafic d’influence ont émaillé ses débuts à la tête du pays dont le plus retentissant concernait 83 millions d’euros, détournés par des responsables de la Banque centrale. Depuis, George Weah s’est engagé à suivre des recommandations de bonne gouvernance, issues d’une concertation nationale, ainsi qu’un programme « anticorruption » élaboré avec le FMI.

En dépit de ces engagements, le climat des affaires reste délétère et le Liberia est toujours 174e sur 190 au classement Doing Business 2019. Outre la corruption, il y a la grogne des entreprises qui se plaignent d’une fiscalité trop forte. Avec au bout, certains groupes qui ont réduit leurs activités, comme l’Ivoirien Sifca, dans l’agro-industrie, ou l’Américain Firestone, dans le caoutchouc. D’autres ont carrément décidé de quitter le pays, c’est le cas du Malaisien Sime Darby, géant de l’huile de palme.

Selon le FMI, la croissance est passée de 2,5% en 2017 à 0,4% cette année quand l’inflation, frôle les 25% sur la même période. Seule embellie : une croissance de 7% et des investissements prévus dans le secteur minier dont les retombées sur les populations sont généralement minimes.

Geneviève MADINA avec RFI