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Plus de trente (30) familles ont été déguerpies, le samedi 14 octobre dernier dans la commune de Koumassi, au quartier BIA sud, par la mairie de la dite commune et le ministère de l’insalubrité, de l’environnement et du développement durable (MINSEDD), suite à une plainte du voisinage pour ‘’nuisance sonore’’. Et ce, sans laisser la moindre chance à ces dernières de récupérer ne serait qu’une aiguille. Elles ont même  reçu deux mises en demeure pour la même plainte. La première mise en demeure, est du MINSEDD, donnant 72 heures aux habitants pour quitter les lieux, et la seconde est de la mairie, qui prenait effet immédiatement. Dans cet article les dessous de ce déguerpissement aussi brusque que ‘’sauvage’’.

Dans la matinée du samedi 14 octobre,  trente huit (38) familles ont été déguerpies, à Koumassi, dans le sous quartier BIA Sud, d’une manière qui va à l’encontre de toute forme de respect des droits de l’homme, par les agents de la mairie de Koumassi, appuyés par le MINSEDD, ainsi que plusieurs forces de l’ordre. L’opération  s’est faite après une plainte du voisinage pour « nuisance sonore ». Suite à cette opération de déguerpissement, une plainte à été déposée à l’encontre de Traoré Abdoulaye, propriétaire d’un immeuble, en face du site déguerpi, qui serait à la base de cette ‘’mascarade’’, car il convoite  ce site depuis belle lurette.

En effet, selon l’un des fils de l’ex-propriétaire du lot, feu Kacou Djagoua Michel, monsieur Sarba Arouna, de nationalité burkinabè, propriétaire du site déguerpi, subit depuis des années le ‘’chantage’’ du sieur Abdoulaye Traoré, son copropriétaire terrien. Soulignons au passage que les deux hommes sont installés sur un terrain d’une superficie totale de 800 m², divisé à parts égales. Abdoulaye Traoré ayant plus de moyens que Sarba Arouna, voudrait étendre son patrimoine immobilier en dépossédant celui-ci de ses 400 m². Il a, à plusieurs reprises proposé de l’argent à la famille Sarba, pour que le lot concerné lui soit vendu, ce qu’a  toujours  refusé  le vieux Arouna et ses enfants. «Le terrain a une superficie de 800 m² et la moitié a été cédée à monsieur Sarba Arouna par mon père en 1988. En 2008, mon grand frère, Kacou Dacoury William et moi avons vendu l’autre moitié (400 m²) à Traoré Abdoulaye. Après la vente du terrain à Traoré Abdoulaye, ce dernier est revenu nous voir afin qu’on lui cède la parcelle de terre de Sarba Arouna, chose qu’on a refusée. Il est revenu par la suite proposer la somme de 500.000 FCFA, à monsieur Sarba pour son terrain qui a également refusé.

C’est à la suite de ces propositions et chantages qui n’ont  pu aboutir, qu’il a commencé à mener la vie dure au vieux Sarba Arouna », a indiqué Kacou Abraham, un fils de l’ex-propriétaire des lieux, feu Kacou D. Michel.

  • Le début des litiges fonciers entre Sarba Arouna et Traoré Abdoulaye

Depuis l’installation de monsieur Traoré Abdoulaye, après avoir fini de bâtir son immeuble, les intimidations et les harcèlements contre monsieur Sarba  Arouna vont commencer. Après plusieurs convocations à la police, à la brigade de gendarmerie, à la police criminelle, et des négociations auprès du responsable de l’antenne  de Koumassi, du ministère de la construction et des agents de la mairie de la commune, le but escompté par Traoré Abdoulaye n’a  pu aboutir.

«Vu ces nombreux échecs, son épouse usant de ses relations et de ses liens auprès du ministère de la salubrité, procède à la démolition de toute la concession de monsieur Sarba Arouna, à l’aide de bulldozer et plusieurs forces de l’ordre. Le motif  avancé pour cette opération, est une nuisance sonore, pourtant le lieu ne sert pas d’usine de production, ni de maquis pouvant engendrer un fort bruit pour s’en plaindre. D’où vient donc la motivation d’aller porter plainte pour un lieu d’habitation, où la majorité des personnes qui y vivent vont presque tous les jours au travail les matins et ne reviennent que tard dans la soirée ? », s’est indigné le président de l’ONG Assistance Bénévole sans Frontière en charge de l’affaire, Toé Seydou.

Il faut indiquer par ailleurs que «Monsieur Traoré Abdoulaye et son épouse ne sont pas à leur premier forfait dans cette affaire. En effet, en avril 2011, avec l’appui du chef d’antenne du ministère de la construction de Koumassi, trois (3) maisons de Sarba Arouna avaient été détruites et l’affaire avait été portée à la brigade de recherche du Plateau. Après les analyses et les enquêtes, monsieur Traoré Abdoulaye avait reconnu les faits et s’en était excusé», a-t-il poursuivi.

  • Comment monsieur Sarba Arouna et Traoré Abdoulaye se sont retrouvés sur la même parcelle de terre

Installé depuis 1977 dans le quartier BIA sud (Koumassi), Sarba  Arouna,de nationalité burkinabè, a acquis son terrain en 1988. En 1992, il obtient son attestation de cession dans l’ilot 38, lot 347 Bis auprès de feu Kacou Djagoua Michel, ex-propriétaire terrien.

La superficie de la parcelle étant de 800 m², monsieur Sarba, ne bénéficiera que de la moitié (400 m²). L’autre moitié (les 400 m² restants) a été vendue par les enfants de feu Kacou D. Michel, à monsieur Traoré Abdoulaye,  qui s’est acquitté des droits de propriétaire terrien le 19/09/2008. C’est ainsi que les deux hommes sont devenus les copropriétaires terriens de la famille Kacou Michel, située à Koumassi BIA sud au bord de la lagune Ebrié.

Précisons que cette affaire a été portée devant la justice ivoirienne, par l’ONG Assistance bénévole sans frontière (ABSF), dont le président est monsieur Toé Séydou. En attendant que la justice donne son verdict sur ce cas, plusieurs familles, victimes de cette ‘’mascarade’’, dorment à la belle étoile avec tous les risques que cela peut engendrer.

Georges Kouamé

 

 

 

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