@Informateur.info- Originaire de la province de Nahouri, dans le département de Ziou, à la frontière du Ghana, Koudougou Sia a vu le jour en 1972 sur les terres de ce pays limitrophe au Burkina Faso  (alors Haute Volta) qu’il regagnera à l’âge de 5 ans.

Marié depuis 1996 et père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons), le président de la Fédération des associations burkinabè en Côte d’Ivoire (FEDABCI), Koudougou Sia, est arrivé en Côte d’Ivoire en 1989. Il n’avait que 17 ans. En pleine adolescence,  il commence l’aventure aux bords de la Lagune Ebrié, à la recherche d’un mieux-être. Sans aucune qualification. ‘’ Je ne suis pas allé loin dans les études’’, confesse-t-il. Mais Koudougou Sia a un atout dans ses bagages qui fera de lui, l’homme sociable, aujourd’hui, dans la capitale ivoirienne où il s’est fait une place au soleil.

‘’C’est ma formation en alphabétisation commando sous la Révolution en 1984 qui m’a donné le goût d’entreprendre, de donner de moi-même pour ma communauté’’, se souvient-il.  Comme tous les jeunes de son âge, M. Sia débarque à Abidjan et s’installe chez sa grand-frère. ‘’Elle était mariée ici et vivait avec son époux. Le couple que je remercie au passage, a bien voulu m’accueillir sous leur toit’’, relate le président de la FEDABCI.

A Abidjan, la vie n’est pas facile. Il faut se battre pour assurer sa pitance quotidienne. ‘’J’ai exercé le métier de boy dans des résidences, de vigiles dans des sociétés’’, raconte Koudougou Sia. Une somme d’expérience qui l’a forgé à s’insérer dans un cabinet d’expert-comptable où il gagne ben sa ‘’vie’’.  Avec ses revenus, il a donné une ‘’éducation saine ‘’ à ses enfants dont l’ainé est inscrit à l’Université de Ouagadougou en master droit et le second en classe de Terminale. ‘’ Dieu m’a fait grâce pour me donner des enfants intelligents’’, se réjouit-il.

 

C’est cet homme qui, depuis, deux ans, est aux commandes de la FEDABCI, une structure créée en 2002 à la faveur de la crise militaro-politique  en Côte d’Ivoire et qui regroupe à ce jour 32 associations de burkinabè.

A l’origine, ‘’nous étions un certain nombre de jeunes, qui, face aux difficultés engendrées par cette crise qui n’a pas épargné les Burkinabè, ont décidé de se mettre ensemble pour assister et secourir nos parents en difficulté’’, explique-t-il. Sia et ses amis ont donc profité de l’opération ‘’Bayiri’’ (pour le rapatriement des Burkinabè désireux de retourner au bercail) lancée par le gouvernement du Faso pour ‘’organiser, assister’’ les candidats à cette opération. ‘’En ce moment, il n’y avait pas d’association regroupant tous les burkinabè mais plutôt des associations par région. Alors nous étions jeunes, nous avons décidé de mettre sur pied une organisation regroupant les jeunes burkinabè toutes tendances confondues’’, souligne le 3è président de la FEDABCI depuis sa création.

Aujourd’hui, sous sa mandature, la fédération a acquis ses lettres de noblesse avec à son actif des tournois de football regroupant les jeunesses de la CEDEAO, des actions de charité, des dons de sang.
‘’Quatre fois dans l’année, nous collectons du sang que nous mettons à la disposition de la banque de sang d’Abidjan. Egalement, nous avons fait des dons en vivres et en vêtements à l’hôpital psychiatrique de Bingerville, des dons de la même nature à Anono, Attécoubé et Marcory’’, précise-t-il.

La fédération s’apprête à porter assistance et secours aux déplacés internes, victimes du terrorisme au Burkina Faso en leur apportant des vêtements pour hommes, enfants et femmes, collectés ici à Abidjan. ‘’C’est notre manière de témoigner notre solidarité aux frères et sœurs en souffrance au pays’’, fait-il remarquer.

C’est pourquoi, il en appelle à la collaboration des autorités diplomatiques et consulaires du Burkina Faso pour le bonheur de ‘’notre communauté’’. ‘’ Nous ne sommes pas des adversaires mais des complémentaires’’, lance-t-il à leur endroit. ‘’ Aujourd’hui, tout le monde se réjouit du vote de la Diaspora, mais nous étions à l’avant-garde de ce combat pour le bonheur de tous les burkinabè de l’extérieur. Que nos autorités évitent de nous diviser’’, indique Koudougou Sia.

En perspectives, sa fédération entend sensibiliser et travailler à aider ses parents à déclarer leurs enfants à la naissance, selon la législation de notre pays d’accueil. ‘’ 2020 est une année électorale tant en Côte d’Ivoire qu’au Burkina Faso, nous leaders d’opinion avons le devoir de sensibiliser nos communautés pour des élections paisibles dans ces deux pays. Ce sera le thème de notre prochaine croisade à l’intérieur du pays pour sensibiliser nos membres et nos parents sur la nécessité de vivre en parfaite harmonie avec les Ivoiriens’’, espère-t-il.

Geneviève MADINA