@Informateur.info- Catéchiste Permanent de la Paroisse Saint François d’Assise de Koumassi Remblais depuis 2002, M. Konkobo Paul fera valoir son droit à la retraite, au cours d’une messe d’action de grâces, le dimanche 4 octobre 2020. A 65 ans, l’homme pétri de la foi catholique, aura tout abandonné à la suite du Christ. Après 18 ans de service exclusif à l’œuvre de Dieu, il raconte à Diaspo24.info comment est née sa vocation, et tous les souvenirs qu’il garde de cette exaltante  mission. Il en appelle aussi à la charité des âmes généreuses, car il sort sans logis ni grands moyens. Entretien !

Dimanche 4 octobre 2020 à Saint François d’Assise, au cours une messe d’action de grâces vous irez officiellement à la retraite. Comment préparez-vous et vivez-vous ce moment de grâces?

Je le vis avec reconnaissance et avec joie parce que passer 18 ans et 4 mois au service de Dieu et de l’Eglise, ce n’est pas donné à tout le monde. J’ai géré comme je pouvais. Rien n’est perdu. On ne peut que rendre grâce à Dieu. Donc j’appréhende ce moment également comme une reconnaissance et une louange à Dieu qui n’a pas choisi celui qui est capable, mais qui a rendu capable celui qu’il a choisi depuis ces 18 longues années. Reconnaissance aussi à cette communauté de Saint François d’Assise qui m’a accueilli et qui m’accepté et qui m’a adopté.

Comment est née cette vocation de catéchiste ? Quel en a été le déclic?

En fait né en Côte d’Ivoire, j’ai eu la chance de rentré tôt au pays (Burkina Faso, Ndlr) avec les parents. Mes cycles primaire et secondaire, je les ai passés au Faso. Et dès l’Ecole primaire, nous étions, je me rappelle, au nombre de 8 à nous inscrire pour aller au Juvénat de Saaba. On a donc composé le test d’entrée dans cette maison de formation. Nous avions attendu les résultats pendant près de 6 mois. Après déception, j’ai raccroché, las d’attendre et je suis parti. Revenu en Côte d’Ivoire, j’ai continué la formation, en me disant qu’on peut ne pas être prêtre,  mais continuer à servir l’Eglise notre mère, à cause de notre baptême et de notre confirmation. Je me suis donc engagé aux côtés des grands frères comme les catéchistes Jean Baptiste Nanema, qui a été l’un de nos grands formateurs, mais aussi André qui était à Treichville, et le papa de l’abbé Zabsonré, l’actuel Curé de Notre Dame de Treichville. Son papa a été le président des catéchistes du secteur sud d’Abidjan. A l’époque, nous faisions les formations à Notre Dame d’Afrique de Biétry. J’étais alors le Secrétaire de ce groupe de catéchistes qui se sont engagés. Je dois dire que nous étions vraiment ben formés par les pères Goel, Richard Anou, et bien d’autres prêtres de renom.

Voilà une vie de catéchiste bien remplie. Quels sont les meilleurs et pires souvenirs qui auront marqué votre mission ?

Grâce à Dieu, avec le concours de nos collègues, beaucoup de catéchumènes ont pu devenir Chrétiens par les sacrements de baptême, de confirmation, de mariage. Ce sont des milliers et des milliers de personnes qui ont bénéficié des formations que nous avons reçues et que nous avons dispensées. Je ressens une grande fierté de voir ses foyers, où sont nés des enfants épanouis. Tout ceci est une satisfaction. J’ai vu naitre également cette communauté de Saint François d’Assise. A la base, c’était des Burkinabè et au fur à mesure nous nous sommes ouverts aux frères et sœurs ivoiriens ou de la Sous-région, qui sont venus nous rejoindre. Franchement, quand je vois cette communauté qui a grandi en nombre et en spiritualité, je ne puis que rendre grâce à Dieu.

Ce qui m’a beaucoup peiné. Comme je le disais tantôt, ici au début, c’était une communauté burkinabè, un groupuscule. De l’éclatement de Treichville, beaucoup sont allés à Port-Bouet et d’autres ont replié ici. C’est pourquoi on a surnommé le quartier, ici, Port-Bouet 2. On disait église des mossi. Quand je commençais. C’était au temps de vénéré mémoire, paix à son âme, au temps de  Mgr Joseph Akichi, qui est venu un jour s’entretenir avec la communauté et nous recommander de nous ouvrir, d’accueillir nos frères et sœurs qui ne comprenaient pas notre langue. Je vous assure que ça a été difficile. Les parents se sont farouchement opposés disant que c’est notre ethnie, que c’est notre communauté qui a construit l’église et que par conséquent les autres devaient aller à la Paroisse Saint Etienne. Je m’étais alors engagé à raisonner nos parents. C’était compliqué, difficile. Mais par la grâce de Dieu, l’ouverture s’est amorcée. On a pu introduire quelques chants et des lectures en français pour attirer les autres à nous, parce que la signification de l’Eglise catholique ‘’Cathos’’ c’est l’universalité, l’ouverture aux autres. Dieu merci, comme l’Esprit Saint faisait son œuvre, l’harmonie et la joie sont venues.

Une vie de catéchiste est marquée par une relative pauvreté. En fin de parcours ou de mission, comment se fera la retraite ? N’avez-vous pas un appel pressant en direction des âmes généreuses ?

C’est vrai qu’en Eglise, on a reçu gratuitement et que nous avons donné gratuitement. Mais mon cas est un peu spécifique. J’avais deux ateliers qui fonctionnaient très bien. Il a fallu tout abandonner, pour venir assumer la mission de Catéchiste permanent, avec un maigre salaire. Comme maison, on nous a prêté dans l’enceinte de la paroisse une petite salle de catéchèse que Madame et moi avons squattée pendant 18 ans près des toilettes dans l’enceinte de l’église. Mais on a tenu. Voilà que l’heure est arrivée. On doit quitter les lieux, sans logis. Je sors matériellement les mains vides. Mes ateliers étant fermés. Tout ce que me rapportaient les ateliers est un lointain souvenir. Mon petit compte pour mon départ ne peut me permettre de payer un loyer de 6 mois. Ce qui me tient à cœur. Je demanderais aux âmes généreuses, à vos lecteurs, un petit terrain, j’en serai vraiment content au nom du Seigneur. Ceux qui voudraient aussi m’assister financièrement et matériellement, feront véritablement œuvre utile. Que ces personnes soient bénies. Je sors sans rien en main, les mains vides, mais le cœur rempli de joie pour avoir ramené des âmes au Seigneur.

Source : Diaspo24.info