@Informateur.info- A l’occasion de l’An 6 du départ du Président Blaise Compaoré du pouvoir suite à une révolte populaire, Issaka Kindo, Secrétaire général adjoint du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, ex-parti au pouvoir au Burkina Faso), section Côte d’Ivoire, estime que l’on peut tout reprocher au président déchu mais “reconnaissons lui le mérite” d’avoir garanti la stabilité, pendant 27 ans, au pays des Hommes intègres. Le dirigeant politique parle, également, des chances de son parti aux élections couplées du 22 novembre prochain. Entretien.

  • Bonjour M. le Secrétaire général adjoint de la section Côte d’Ivoire du CDP. 31 octobre 2014-31 octobre 2020. Cela fait 6 ans que le fondateur de votre parti, Blaise Compaoré, a quitté le pouvoir après 27 ans de règne, suite à une insurrection populaire. Avec du recul, comment analysez-vous cette chute?

Issaka Kindo: Avant tout propos, je voudrais saluer le directeur général de Informateur.info et son équipe qui, depuis onze (11) ans, si j’ai bonne mémoire, informent de manière professionnelle la communauté Burkinabè d’ici et d’ailleurs. Cela dit, pour répondre franchement à votre question, je dirai que six ans après la chute du président Blaise Compaoré, le CDP a compris que le pouvoir émane effectivement du peuple. Nous avons fait notre mea-culpa et nous avons tiré les leçons qui s’imposent.

  • Il va sans dire que les événements de 2014 ont désagrégé le fonctionnement de votre parti. Comment la section de Côte d’Ivoire a pu remobiliser les militants?

Ce serait faux de soutenir le contraire puisque la direction du parti depuis le Burkina lui-même battait de l’aile. Mais grâce à l’engagement militant, le parti a pu renaître de ses cendres, notamment avec l’élection du camarade Eddie Komboïgo qui lui a redonné âme et vitalité. Durant les deux premières années le CDP/Côte d’Ivoire était plongé dans une léthargie parce que nous étions déboussolés. Mais nous avons vite repris du service sous l’impulsion de la direction et sommes aujourd’hui prêts à relever tous les défis politiques du moment. Vous vous souvenez du giga meeting que nous avons organisé le 8 septembre 2019 à Abidjan et qui a mobilisé plus de dix mille personnes dans la commune de Port-Bouët.

  • Sous le règne de Blaise Compaoré, le Burkina Faso était considéré comme un havre de paix. En cinq ans de gouvernance de son successeur, le pays est en proie à une crise sécuritaire sans précédent avec le terrorisme ambiant qui, à ce jour, a occasionné près de 600 morts et plus d’un million de déplacés internes. L’insécurité constitue-t-elle un boulet au pied du pouvoir de Ouagadougou?

Il est évident, au regard de la situation sécuritaire dans lequel se trouve le Burkina Faso 6 ans seulement après la chute du Président Compaoré que le régime du MPP n’est pas à la hauteur de la gestion de l’Etat. C’est un constat amer que font les Burkinabè qui sont endeuillés au quotidien. Ne succède pas à un grand chef d’Etat comme Blaise Compaoré qui veut, mais qui peut. Le Burkina Faso vit aujourd’hui un drame sécuritaire sous Roch Marc Christian Kaboré. Une situation que Blaise Compaoré a su épargner au Burkina. On peut tout lui reprocher mais le président Compaoré a eu le mérite de garantir durant 27 ans la stabilité et le rayonnement de son pays. Mais il n’y a pas que l’insécurité qui soit le talon d’Achille du régime Kaboré, ce pouvoir a décidé de snober la réconciliation nationale et la Cohésion sociale, ciment d’une nation forte.

  • Après avoir été écarté aux élections de 2015, le CDP compétira le 22 novembre prochain pour présidentielle avec le candidat Eddie Komboïgo. Votre parti a-t-il de réelles chances de revenir au pouvoir?

Il n’y a pas de doute que le CDP et son candidat ont le meilleur profil pour incarner et impulser la renaissance du Burkina Faso. Nos militants et sympathisants sont mobilisés pour la reconquête du pouvoir d’Etat et nous partons confiants à cette présidentielle qui va consacrer la victoire de Eddie Komboïgo. Et donc le retour aux affaires du CDP, qui a l’expérience de la gestion de l’Etat et qui va répondre aux attentes du peuple Burkinabè. Ce sera se tromper deux fois que d’accorder son suffrage au MPP alors que le premier mandat de Roch a fait près de 600 morts et plus d’un million de déplacés internes.

  • La Compagne présidentielle s’ouvre officiellement ce samedi 31 octobre 2020, la section Côte d’Ivoire battra-t-elle campagne?

Il est inimaginable que la section ne contribue pas à la victoire du président du Faso, en l’occurrence Eddie Komboïgo cette année alors que la diaspora n’attendait que l’occasion de pouvoir exercer son droit de vote. Nous serons sur le terrain, nous prévoyons des tournées et des meetings à Abidjan et à l’intérieur pour expliquer le programme de société de notre candidat et convaincre la diaspora de Côte d’Ivoire de faire le bon choix. En temps opportun vous aurez le programme.

Jean François FALL