Hôpital général de Bingerville

@Informateur.info- Un bébé de sexe masculin d’un poids de 4 kg, né par césarienne le vendredi 14 mai autour de 10 heures à l’hôpital général de Bingerville avec des problèmes respiratoires est décédé 12 heures plus tard, faute d’une couveuse. La dénonciation a été faite, samedi, par Seydou Kiébré, président d’une coopérative agricole, sur sa page facebook.

L’homme qui a accompagné l’épouse de son petit frère, Blé Elodie, pour son accouchement et assisté dans les couloirs de l’hôpital à toutes les étapes de la naissance du bébé affirme que l’enfant présentait des signes de difficultés respiratoires. «On a interpellé plus d’une fois les sages-femmes sur l’état du bébé dont nous sentions la respiration difficile. Elles nous ont dit qu’il n’y avait pas de couveuse mais qu’ils allaient placer le bébé sous sérum », raconte Kiébré Seydou. «Tout ce temps le bébé est resté sous sérum. C’est finalement à 21 heures qu’ils ont compris que les problèmes respiratoires du bébé s’aggravaient. C’est alors qu’ils nous ont dit d’aller à  l’hôpital mère-enfant», poursuit-il.

Une couveuse aurait pu sauver ce bébé qui est resté des heures sous sérum

Selon Kiebré Seydou le bébé a été déclaré mort moins d’une trentaine de minutes à leur arrivée à l’hôpital Mère et Enfant de Bingerville où il espérait pouvoir le sauver. «Dans quel pays sommes-nous où les praticiens d’un hôpital peuvent négliger leur travail à ce point. Le bébé est né à 10 heures si à 12 heures ils avaient pris en considération nos inquiétudes le bébé serait encore vivant parce que même si les autres couveuses de l’hôpital sont défectueuses on aurait envoyé l’enfant ailleurs», dénonce M. Kiebré.

Ecœuré par le malheur qui le frappe, M. Kiébré s’est rendu au commissariat de Bingerville pour porter plainte contre le personnel. «Le Lt Diarrassouba qui m’a reçu m’a conseillé après avoir pris l’avis de son commissaire de saisir directement le procureur de la République. Ce que je vais faire dès ce lundi 17 mai 2021», promet t- il.

Pour l’heure, l’hôpital n’a pas encore réagi, mais ses responsables seront vite contraints de s’expliquer sur ce qu’on pourrait qualifier à l’analyse des faits de négligence coupable ayant débouché sur cette tragédie.

Faut-il le rappeler, le 6 mai dernier une femme est morte à la maternité d’Adzopé après avoir chuté de la table d’accouchement sans assistance. L’enquête aussitôt ouverte a non seulement permis de situer les responsabilités mais surtout de sanctionner les auteurs de cette négligence.

On espère aussi que toute la lumière sera faite sur la mort de ce bébé avec la saisine du procureur de la République.

Charlène ADJOVI