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@Informateur.info- Cinq jours après l’entrée en grève des bouchers chevillards à la suite de l’augmentation du coût de l’abattage des bêtes qui est passé de 3.000 à 22.000FCFA, le directeur de l’abattoir, Dr Dagnogo Komissiri était l’invité du JT de 13 heures de la RTI, ce dimanche 26 mai 2019. Reprenant à son compte les déclarations du ministre des ressources animales et halieutiques, Adjoumani Kouassi Kobenan et du gouverneur du District d’Abidjan, Robert Beugré Mambé, ce dernier soutiendra qu’il n’y a jamais eu d’augmentation des frais de l’abattage. «Avant l’animal était abattu et dépouillé sur place par des apprentis-bouchers qui travaillaient pour les bouchers chevillards. Les 3.000 FCFA correspondent à l’inspection sanitaire qui était fait par les services vétérinaires mis à la disposition de l’abattoir par le ministère des ressources halieutiques. Mais c’est le District qui construit, c’est le District qui paie l’électricité et c’est encore le District qui nettoyait les salles. Voilà à quoi correspondaient les 3000 FCFA», a-t-il expliqué. Et de poursuivre : «Maintenant les jeunes qui faisaient la contention, qui amenaient l’animal, qui faisaient éviscération et qui dépouillaient l’animal et qui partaient nettoyer les tripes, c’est jeunes là percevaient des frais que nous pouvons démontrer. Ce sont ces frais-là qui sont transférés sur la chaine d’abattage». Si l’on en croit Dr Dagnogo Komissiri les 22.000 FCFA représentent le cumul des frais annexes de l’ancien système d’abattage. Un ancien système qui employait plus d’un millier de travailleur et qui a été ramené avec la modernisation à 90 apprentis-bouchers pour 87 bouchers chevillards agrées, selon nos informations.

En vérité, la direction de l’abattoir a dégraissé les travailleurs dont le rôle n’est plus nécessaire dans le nouvel abattoir tout en maintenant les coûts qui étaient distribués à ces derniers. La question qui se pose c’est pourquoi un report mécanique des frais annexe sur la nouvelle tarification alors que l’on aurait pu convenir d’un montant relativement acceptable par les bouchers chevillards en raison de l’élimination de plus de milles travailleurs du site? «Tout ce qu’on a fait c’est de transférer les frais qui étaient payés sur le nouveau coût d’abattage pour que les investissements qui ont permis de payer les appareils puissent être amortis», a-t-il expliqué.

Pour rappel, le coût de la réhabilitation de l’abattoir de Port-Bouët, construit en 1959 aurait coûté 18 milliards. Officiellement les travaux de rénovation ont été faits par la société AFAM mais dans les coulisses, les noms du ministre Adjoumani Kobénan et du gouvernement du District Beugré Mambé sont cités comme les financiers de cette restructuration. L’entreprise citée n’aurait servi que de paravent. Ceci pourrait expliquer le fait que la direction de l’abattoir qui n’est en réalité qu’un exécutant dans la chaine soit sans concession dans l’application de la nouvelle tarification.

Selon des informations dont nous disposons plutôt que de poursuivre le dialogue, le District et le ministère des ressources animales et halieutiques feraient venir dès ce lundi une escouade de forces de l’ordre pour contraindre les grévistes et les marchands du parc à bétail reprendre le travail où à quitter les lieux.

Dalima Dahoué

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