@Informateur.info- A trois jours du double scrutin législatif et référendaire, Yéro Baldé, le ministre guinéen de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a rendu sa démission, jeudi, du gouvernement de son pays, imitant les ministres Gassama Diaby (Citoyenneté et Unité nationale) et Check Sacko (Garde des Sceaux, Justice) qui avaient rendu en octobre le tablier au dernier trimestre de 2019 au début de l’élaboration du projet de révision constitutionnelle, source de tension, actuellement, dans le pays.

Le ministre démissionnaire a expliqué dans une lettre que l’idéal pour lequel il a mené le combat politique pendant 30 ans aux côtés d’Alpha Condé, est en train d’être ‘’galvaudé par la crise actuelle’’ qui a, déjà, fait une trentaine de morts. De fait, c’est le 3è ministre qui démissionne du gouvernement depuis la réélection du Président Alpha Condé en 2015.

La démission Du désormais ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique intervient dans un contexte de refus du président guinéen de recevoir une délégation de haut niveau de ses pairs de la sous-région pour une médiation, ce vendredi, en vue de désamorcer la crise aiguë qui secoue la Guinée depuis l’élaboration du projet de changement de la Constitution qui ouvrirait la voie à un 3è mandat d’Alpha Condé.

A quelques jours (1er mars 2020) des élections législatives couplées du référendum pour la révision constitutionnelle inspirée par le président Condé, le chef de l’Etat guinéen a opposé, une fin de non-recevoir de la mission de la CEDEAO composée, selon des sources contactées par RFI, des présidents Muhammadu Buai (Nigéria), Nana Akufo Ado (Ghana), Roch Christian Kaboré (Burkina) et Mahamadou Issoufou (Niger), par ailleurs, président en exercice de la CEDEAO.

Alpha Condé, contre et envers tous, a maintenu la date du 1er mars pour ce double scrutin qui le monde entier qualifie de ‘’dangereux’’ pour la démocratie dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest de près 12 millions d’habitants.

Justement, face au risque d’implosion que faire Alpha Condé au pays en maintenant ces élections dimanche, le secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie a confié au confrère Jeune Afrique qu’ ‘’il n’y aura pas de mission d’observation le 1er mars, ni ensuite’’. Tout comme la CEDEAO et l’Union africaine qui ont renoncé à y déployer des missions d’observation initialement prévues.

Geneviève MADINA