@Informateur.info- Depuis mai 2019, une grève des syndicats de santé paralyse les activités de soins dans les hôpitaux publics burkinabè. La persistance de ce débrayage préoccupe la Commission nationale des droits humains (CNDH) du Burkina Faso.

Dans un communiqué co-signé avec le Syndicat des médecins du Burkina (Symeb), l’organisation des activistes des droits humains au Faso appelle les parties au dialogue. Il s’agit notamment du gouvernement et des syndicats grévistes. Ce plaidoyer, selon les signataires, s’inscrit dans la dynamique de la recherche des solutions à la grave crise qui entrave l’accessibilité des soins. Et partant, viole les droits des populations aux soins.

Pour les amener à sortir des positions tranchées, la Cndh interpelle les protagonistes sur les conséquences dramatiques de cette crise sur la vie et la santé des populations. Les invitant ainsi «à renouer le dialogue pour trouver des points d’accord réalistes en vue d’une sortie rapide de crise permettant de mettre fin aux souffrances des populations».

Du côté des syndicats du secteur médical, l’on explique que la sortie de crise se trouve plutôt au niveau du gouvernement. Les grévistes disent attendre un dialogue social sincère pour agir dans le sens de l’appel de la Cndh. « Nous en appelons donc au gouvernement pour une reprise conséquente et sincère du dialogue social en vue de la résolution des problèmes soulevés. Nous nous réservons le droit de mener les actions nécessaires pour l’aboutissement de nos préoccupations urgentes pour une mutation profonde du système de santé au profit des populations désireuses de soins de qualité », écrit Dr Relwendé Aristide Yaméogo, du Syndicat des médecins du Burkina (Symeb).

Pour rappel, les agents des hôpitaux publics désertent leurs lieux de travail depuis 5 mois maintenant pour obtenir l’application protocole d’accord contenant la mise en œuvre de la Fonction publique hospitalière (FPH). Sans gain de cause à ce jour alors qu’un protocole d’accord avec le gouvernement avait été signé sur cette revendication en 2018.

Malgré les multiples interpellations des syndicats du milieu sur le maintien en l’état du dossier qui devrait aboutir à des reformes liées à l’organisation du travail dans le secteur de la santé, la Fph au Burkina Faso reste au stade des bonnes intentions gouvernementales. Sans le décret tant attendu.

En Côte d’Ivoire voisine, l’Assemblée nationale a adopté, mi-avril 2019, un projet du gouvernement dans ce sens. Cette évolution du dossier portant institution de la Fonction publique hospitalière dans ce pays faisait suite à de nombreuses grèves dans les hôpitaux publics.

Alfred SIRIMA

Correspondant Informateur.info