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@informateur.info- Le 02 novembre dernier, des images présentées comme étant celles de victimes de l’accident survenu nuitamment dans une entreprise de fabrication de fer à béton en zone industrielle Abidjan-Yopougon, affolaient la toile. Que s’est il exactement passé ? Quel est le bilan de l’explosion en pleine société? Cinq (5) jours après, Informateur.info est à mesure de situer l’opinion sur l’accident survenu dans la nuit du 1er au 2 novembre 2019.

Jeudi 07 novembre 2019, nous sommes descendus, en effet, sur le lieu du drame, le premier depuis l’ouverture de l’entreprise King Ivoire – puisque c’est d’elle qu’il s’agit – en 2004. Quoiqu’affectée par l’incident, la direction nous ouvre les portes de l’entreprise. Les traits du visage pliés ‘ attestant du manque de sommeil depuis le début de cette affaire, Rita Tharakan, Daaf, dirige la visite sollicitée. Sur la voie menant au lieu du sinistre, des monticules de ferraille s’offrent au visiteur du jour que nous sommes. Des agents visiblement marqués par le choc de la forte explosion, s’affairent à leurs tâches respectives. Preuve que King Ivoire n’a pas cessé de travailler. Pour arriver sur les lieux retranchés des airs de tri de la ferraille, il faut prendre un escalier en fer qui donne sur le niveau 1 du dispositif industriel de l’entreprise.

A la montée, une enseigne sécuritaire invite à tenir la barre de fer. De là, l’on a accès au niveau de l’entreprise où se trouve les installations techniques de production du fer à béton. Spécialité de la représentation ivoirienne de la multinationale indienne basée à la zone industrielle de Yopougon. Peu après, nous voici sur le site de l’accident. Tout porte là encore les stigmates. Ci et là, tout est noirci par le feu. Une forte odeur de brûlis, 5 jours après, plombe toujours la zone et frappe encore le larynx.

L’origine de l’explosion…

Dans ce décor, un gros aimant de 4 tonnes qui surplombe le four à métal, est couché. C’est lui l’auteur des dégâts. Avant cette position, il a un fait un trou de plusieurs mètres dans l’aile de l’entreprise où se trouve le fourneau de recueil de la coulée. Il faut entendre par là, si l’on en croit Narcisse Essan, responsable de production, le produit du passage de la ferraille de l’état solide à celui liquide. Selon ce témoin des faits, c’est justement cet aimant de 4 tonnes dont la chute est survenue suite à une baisse de tension qui est à l’origine du sinistre. ” A la suite d’une forte baisse de tension électrique, l’aimant de 4 tonnes a cédé. Il est tombé dans le fourneau en activité où il y avait la coulée (liquide du traitement de la ferraille) de 6000 degrés. Après la forte détonation, la coulée a éclaboussé la zone”, renseigne le témoin sous le regard compatissant de Rita Tharakan qui avait à ses côtés Me Dendy Somé, du conseil de King Ivoire.

Peur-panique, des morts et des blessés…

” C’était effroyable. Imaginez le liquide éclaboussé de 6000 degrés sur le corps”, indique-t-il, la voix enrouée par l’émotion. ”Les gens criaient, pleuraient. Plusieurs sont tombés dans la panique. Chacun se cherchait”, informe notre interlocuteur soutenu par ses camarades. Qui hochent la tête pour confirmer son propos. Combien d’entre eux ont été touchés par la coulée ? ” Il y a eu au total 10 blessés. Sur la liste, vous avez 3 experts indiens venus pour évaluer l’outil technique pour justement anticiper sur les risques éventuels d’accident du travail et 7 Ivoiriens. Parmi ces victimes touchées par les éclaboussures, nous déplorons 2 morts parmi les blessés indiens. Le premier est décédé des suites du choc de l’explosion puisqu’il a des antécédents cardiaques. Et le second lui, est décédé des suites de ses blessures”, clarifie Rita Tharakan avant de se réjouir des bonnes nouvelles en provenance des grands brûlés du CHU de Cocody. C’est dans cet établissement sanitaire de référence que les blessés ont été référés pour la prise en charge médicale. ”« Depuis 2009 que nous avons commencé nos activités, il n’y avait jamais eu d’accident. Nous avons mis beaucoup de mesures de sécurité. Malheureusement, cet accident est arrivé. Fort heureusement aujourd’hui, les nouvelles sont bonnes. Sur les blessés ivoiriens, le seul cas grave se porte mieux aujourd’hui. Ses jours sont hors de danger. Depuis mercredi 06 novembre, il arrive lui-même à prendre ses repas ”, rayonne la Daaf de King Ivoire, rassurant de la prise de dispositions pour la prise en charge totale des victimes blessés. Sur ce point, Me Somé est formel : la société respecte toutes les normes qui encadrent l’activité industrielle en Côte d’Ivoire.

A l’en croire, l’entreprise a mis un accent particulier sur la sécurité de ses employés, aussi bien au niveau social que des risques de tous genres. ”Malgré le fait que des blessés sont des sous-traitants, la société les a pris intégralement en charge. La société est en règle vis-à-vis de la législation du travail et respecte les normes dans les domaines social et sécuritaire. Que les gens arrêtent de raconter ce qu’ils ne savent pas », tranche l’avocat. Une précision qui devrait certainement faire taire les rumeurs les plus folles distillées depuis l’affaire des éclaboussures de la coulée suite à la chute d’un aimant de 4 tonnes.

Entreprise de droit indien, spécialisée dans la fabrication de fer à béton pour les compagnies immobilières et les sociétés industrielles de la place, King Ivoire emploie 500 personnes dont 200 directement embauchés et 300 sous-traitants liés par des contrats avec leurs employeurs d’origine. L’entreprise se prépare à ouvrir une autre unité industrielle en 2020.

Dalima DAHOUE

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