Un échantillon des bénéficiaires du geste du ministre burkinabè du commerce

@Informateur.info- Question clé de la présidentielle 2020 au Burkina Faso, le vote de la diaspora, notamment celle installée en Côte d’Ivoire est une donnée importante pour les partis qui entendent prendre part à la course au palais de Kosyam.

Sur ce point, le régime de Roch Marc Christian Kaboré vient de poser un acte qui pourrait lui valoir de glaner des suffrages en plus. De fait, le ministre du Commerce et de l’industrie, Harouna Kaboré, vient de subvention l’acquisition de certificats de nationalité et de cartes nationalités d’identité burkinabè (Cnib) au profit de 2000 personnes en Côte d’Ivoire. Les premiers bénéficiaires ont reçu leurs certificats gratuitement lors d’une cérémonie organisée, ce samedi 11 janvier 2019, à Koumassi.

Les 2000 bénéficiaires à termes de cette mesure sont issus de l’association pour le développement et la fraternité de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. Selon nos informations, en plus de Koumassi, l’opération a déjà eu lieu à Tanda et devrait s’étendre à Bouaké puis Soubré.

Or, il se trouve que pour être inscrit sur la liste électorale dont les équipes de la commission électorale nationale indépendante (Ceni) sont à pied d’oeuvre à Abidjan, à Bouaké et à Soubré en vue de l’enrôlement de la diaspora, l’électeur burkinabè doit justifier d’une carte nationale d’identité burkinabè ou d’un passeport ordinaire. La carte consulaire étant écartée du processus d’enregistrement sur la liste électorale par le code électoral. On peut affirmer que l’opération menée par le ministre Harouna Kaboré, apparaît comme une aubaine pour les Burkinabè qui souhaitent s’inscrire sur la liste et qui n’ont ni Cnib ni passeport.

C’est donc là un important moyen pour capter les voix que vient de lancer le régime de Ouagadougou par le truchement du ministre du commerce. Au-delà de toute polémique, cet acte qui n’est en rien illégal devrait plutôt inspirer les autres formations politiques.

A eux de sillonner hameaux et régions les plus reculées du pays pour aider leurs électeurs à obtenir le précieux sésame. Car, un militant non inscrit sur la liste électorale ne peut rien changer à l’issue d’une élection et ce, peu importe son activisme. Drainer du monde lors de gigas meetings c’est bien mais, inciter les militants à s’inscrire sur la liste électorale, c’est mieux si l’on veut prendre toute sa place dans le jeu démocratique.

Abraham KOUASSI