L’Alliance pour la défense de la patrie (ADP) a tenu, ce samedi 23 juin 2018 à Ouagadougou, son meeting annoncé il y a trois semaines. La manifestation qui s’est déroulée au rond-point des Arts aux  1200 logements a mobilisé du monde. L’objectif était, il faut le rappeler, d’envoyer un signal de protestation au pouvoir contre sa mauvaise gouvernance. Abraham Badolo reproche au régime Kaboré et à son gouvernement conduit par Paul Kaba Thiéba une kyrielle de maux, notamment le manque criant d’électricité, d’eau et la gabegie. Toute chose qui dénote, selon lui, de leur incapacité à assurer le bien-être aux Burkinabè.

Devant la foule mobilisé ce samedi à l’appelle de l’Alliance pour la Défense de la Patrie, Abraham Badolo a ressassé les mêmes griefs. «Pendant la campagne électorale présidentielle 2015, les tenants actuels du pouvoir avaient fait la promesse au peuple Burkinabè de changer fondamentalement sa condition de vie en seulement cent (100) jours de gouvernance. Hélas, voilà plus de deux (2) mois que les populations sont soumis au diktat des délestages d’électricité sauvages et de coupures d’eau», a-t-il martelé. L’orateur estime que «cette situation est imputable au gouvernement Paul Kaba Thieba 3 en manque de vision et incapable de mobiliser les ressources nécessaires permettant à la SONABEL et l’ONEA de procéder aux investissements nécessaires pour palier aux manques béats constatés dans l’offre d’électricité et de l’eau».

Mais il n’y a pas que l’eau et l’électricité, même si elles participent des besoins fondamentaux des populations, qui révoltent l’ADP. Abraham Baodolo a  également évoqué le train de vie de l’Etat. «L’opinion vient encore d’être témoin de cette triste réalité avec l’achat de véhicules de luxe, Renault Talisman et V8, au profit des membres du gouvernement Thieba 3 et de présidents d’institutions pour un montant d’environ 3 milliards de francs CFA. Quelle aberration que cette attitude des gouvernants dans un pays où l’insécurité alimentaire touche près de deux (2) millions d’habitants», a-t-il dénoncé. Avant de s’attaquer à la décision du gouvernement de délocaliser le conseil des ministres, en qualifiant l’acte «d’inconséquent». Ce, en raison des priorités du peuple qui sont entre autres, le manque d’équipement de l’hôpital Yalgdo, l’insécurité et la cherté de la vie. Pour toutes ses raisons et bien d’autres, Abraham Badolo estime que «si l’autorité au pouvoir refuse de reconnaitre ses insuffisances et d’assumer ses responsabilités, pourquoi les gouvernés que nous sommes devront nous taire? »

Ce meeting a été aussi l’occasion, il faut le préciser, pour le président de l’Alliance pour la Défense de la Patrie de se prononcer sur les libertés publiques et d’expression. «Pendant que nous tenons ce meeting, un grand combattant intrépide engagé au côté du peuple est injustement détenu depuis quelques jours à la maison d’arrêt de correction de Ouagadougou (MACO). Il a été privé de sa liberté et jeté dans les geôles par le pouvoir en place car il a refusé de garder le silence sur les dérives et manquements graves dans la gestion actuelle du pays», a-t-il introduit ce sujet. Et de poursuivre : « Naïm Touré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un prisonnier du pouvoir MPP. Le seul tord de l’activiste, c’est de s’être indigné sur la situation sanitaire d’un compatriote, fut-il un gendarme, blessé dans l’exercice de sa fonction pour la sécurité du pays et des populations». Abraham Baolo  a, en conclusion, exigé la relaxe sans délai de Naïm Touré.

Dalima Dahoué, Informateur.info