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@Informateur.info- La trentaine enjouée, l’air avenant, Désiré Zoundi, Coordonnateur général du Cadre de Concertation de la Diaspora Burkinabè en Côte d’Ivoire (CCDBCI) est un jeune Burkinabè qui a la tête sur les épaules. C’est un meneur d’hommes dont la caractéristique principale est la gentillesse sous laquelle se cache un caractère bien trempé.

C’est en 1990 que le petit Désiré débarque en basse côte (Côte d’Ivoire) dans les bagages de papa, technicien de surface. La famille se fixe à Cocody-Gobelet. C’est là que Désiré Zoundi fait ses premiers pas à l’école municipale de  ce sous-quartier. Sans qu’il ne sache trop pourquoi, un matin, le paternel décide du retour au bercail de la maisonnée. Une décision qui conduit notre bonhomme à poursuivre ses études au Burkina Faso, plus exactement dans la commune de Kindi où il réussit son entrée en 6ème et intègre le Collège de ladite commune. Il y reste jusqu’à la classe de 5ème. Il change alors d’établissement et de ville. Koudougou et le lycée de cette grande ville l’accueillent. En classe de 3ème, il prend la décision de revenir en Côte d’Ivoire pour les vacances scolaires.  Mais, c’est en 2002 qu’il décide véritablement de venir  ‘’se chercher’’ sur les bords de la lagune Ebrié.

Désiré Zoundi descend  à Blokhauss où sa famille habitait avant le grand retour du père. Dans la capitale économique ivoirienne, il vit de «morceaux et de bouts de ficelles» et réussit tant bien que mal à joindre les deux bouts grâce aux petits boulots qu’il glane ici et là. Il est peintre en bâtiment, un métier appris sur le tas, comme il le précise lui-même. Ce qui ne l’empêche pas de s’inscrire en cours du soir au Collège moderne du Plateau, l’ancêtre de l’actuel lycée du même nom. Il atteint la classe de terminale.

Parallèlement, il exerce la profession de technicien de surface dans la commune du Plateau. Une activité qui le met en contact avec l’outil informatique. Curieux de nature, Désiré  profite de ses heures creuses pour  s’initier à l’ordi. A force, il y prend goût et décide d’aller plus loin. Il s’inscrit alors dans une école dédiée pour passer le diplôme en informatique de gestion. Une expérience qu’il ne mènera pas à son terme en raison de la cherté du coût des cours.

Ayant perdu son emploi, il rencontre,  par le pur des hasards,  Asalfo de Magic System. Ce dernier était propriétaire d’une boîte de nuit. Désiré lui fait par de son désir de travailler dans sa boîte comme serveur. Avec 2 enfants à charge à l’époque,  il fallait bien qu’il trouve de quoi nourrir sa progéniture. Il passe  2 ans chez Asalfo avant que celui-ci ne mette la clé sous le paillasson. Par chance, notre type ne chôme pas longtemps. En 2011, il intègre le restaurant dans lequel il travaille jusqu’à présent. Mais avant, il a failli perdre la vie de manière tragique. Il avoue avoir flirté, peu ou prou, avant la crise, avec le COJEP de Charles Blé Goudé.

Dans le même temps, grâce à ses petites économies, il s’est construit quelques petites maisons (7 ou 8) qu’il a pu mettre en location. C’est ainsi que l’un des locataires insolvables est raflé par les FRCI juste après la capture de l’ancien président Laurent Gbagbo. Des amis lui conseillent de profiter de l’occasion pour vider le locataire en question. Désiré se rend donc auprès des FRCI qui ont pris celui-ci. Mal lui en a pris. Dès qu’il arrive au lieu indiqué, un jeune Burkinabè le prend à partie et le désigne comme l’un de ceux qui ont érigé des barrages pendant la crise postélectorale. Les FRCI ne le laissent pas placer un mot. Des pluies de coups s’abattent sur l’infortuné Désiré qui est laissé pour mort par ses bourreaux et jeté ‘’quelque part’’.

Heureusement pour lui, il est sérieusement amoché,  mais ses  organes vitaux ne sont pas touchés. Il en garde un souvenir douloureux. Après ces évènements, le cours normal de sa vie reprend. Et un jour, il est approché par un jeune compatriote qui lui demande de ‘’coacher’’ de jeunes élèves et étudiants burkinabè qui ont créé une association. D’abord réticent après ce que lui a valu sa proximité avec le COJEP, il finit par donner son accord. Puis, il intègre le Collectif des Associations et Mouvements de Jeunesses burkinabè en Côte d’Ivoire (CAMJBCI). Dans le même temps, le CAMJBCI étant une sorte de faitière,  il met sur pied l’Association des Jeunes burkinabè de Cocody (AJBC) dont il est le président. Il se rend alors compte que pour des questions de leadership, les jeunes  trainent les pieds pour assister aux réunions du CAMJBCI. C’est alors que l’idée lui vient de créer un cadre pour fédérer la jeunesse burkinabè sans toutefois désigner un président, puisqu’il a constaté que c’est ce titre qui crée les divisions, chacun voulant ‘’être président’’ ou ‘’chef’’. Ce sera le Cadre de Concertation de la Diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire (CCDBCI) dont il est le modeste Coordonnateur général et le porte-parole. Le bureau compte 5 personnes dont 3 sont présidents d’associations de jeunes. C’est une structure qui n’est pas encore formalisée, certes, mais qui fonctionne déjà. La dernière réunion s’est tenue le 19 mars 20219. «L’objectif du cadre de concertation, c’est de nous mettre ensemble pour qu’on parle d’une même voix. Ne dit-on pas que l’union fait la force? Notre communauté qui est la plus nombreuse au niveau des communautés étrangères qui vivent en Côte d’Ivoire devrait être la plus forte. Malheureusement, ce n’est pas le cas, du fait de nos divisions internes. Vous remarquerez qu’il y a une multitude d’associations qui poursuivent le même but. Pourquoi alors ne pas nous mettre ensemble ? La raison est toute simple. C’est parce que chacun veut être chef. C’est un vrai problème. Le cadre de concertation vient donc pour régler ce problème autant que faire se peut. On met l’accent sur le rassemblement plutôt que sur les histoires de titre. Voilà pourquoi,  le CCDBCI n’a pas de président pour le moment. Ce qui nous intéresse, c’est comment nous mettre ensemble pour trouver des réponses concrètes aux problèmes que rencontre la communauté», s’est longuement exprimé Désiré Zoundi,  un homme efficace mais discret.

Selon lui, la structure est en phase d’écoute. A court terme, le Coordonnateur général et ses collaborateurs attendent les émissaires du pouvoir de Ouagadougou qui viendront en Côte d’Ivoire, bientôt dans le cadre de l’établissement de la carte nationale burkinabè (CNB) et des passeports. C’est un chantier important dans la perspective des élections  de 2020 qui vont se tenir au Burkina Faso et auxquelles la Diaspora  prendra part pour la toute première fois. Le CCDBCI ne veut donc pas rater cette visite.

Désiré Zoundi est marié et père de 4 enfants. L’aînée est en classe de 5ème. Il n’en est pas peu fier.

Jean François Fall

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