Plus de 38 habitations ont été détruites avec en leurs seins toutes les affaires des occupants, par le ministère de la salubrité, de l’environnement et du développement durable (MINSEDD), dans le sous-quartier BIA SUD, situé dans la commune de Koumassi, le samedi 14 octobre dernier.

Appartenant depuis plus de 40 ans à un vieil homme de nationalité burkinabè, du nom de Sarba Arouna, un terrain sur lequel étaient installées de nombreuses familles a été complètement rasé. Ce déguerpissement «sauvage» a été acté sur la base de la mise en demeure N° 107/2017 émise par la direction des opérations de salubrité et de lutte contre les nuisances Sonores. «Vous êtes mis en demeure de cesser toutes les nuisances portant atteinte au bien-être du voisinage. Faute par vous, de vous conformer à la présente mise en demeure dans un délai de 72 heures, vous y serez contraint par la force publique et à vos frais», y lit –on dans la mise en demeure signée le 12 octobre 2017 par M. Yao Yao Jules, directeur des opérations de salubrité et de lutte contre les nuisances Sonores.

Mais chose curieuse, alors que la mise en demeure de 72 heures de la direction des opérations de salubrité et de lutte contre les nuisances Sonores était notifiée le 13 octobre au vieux Sarba Arouna , une deuxième mise en demeure, cette fois ci, de la mairie de Koumassi lui est aussi adressée le même jour. Cette seconde mise en demeure N°0003435 portant le sceau du service technique de la mairie de Koumassi ne laisse aucun délai à l’intéressé. Puisqu’il y est mentionné : «Vous êtes mis en demeure de procéder immédiatement à l’enlèvement de votre baraque». Et comme si le sort s’acharnait contre le vieux Burkinabè le lendemain samedi 15 octobre un bulldozer encadré par des forces de l’ordre met à exécution la volonté de la mairie et de la direction des opérations de salubrité et de lutte contre les nuisances Sonores. Résultat : ce sont 38 familles Burkinabè qui occupaient cet espace depuis 40 ans qui sont ainsi réduites à être des sans-abris.

Les victimes de ce déguerpissement elles, soupçonnent  un certain Traoré Aboulaye, propriétaire d’un immeuble situé juste devant la cour qui a essuyé le courroux de la direction de l’opération de salubrité et de lutte contre les nuisances Sonores. Et pour cause, rapporte Sarba Seydou, l’un des fils du vieux : «M. Traoré Aboulaye a tenté mille et une fois de se procurer l’espace qui a été laissé  au vieux Sarba Arouna, par l’Etat suite au lotissement du quartier. Et qu’il a entretenu jusqu’à ce jour. Ne trouvant pas gain de cause, il a déployé la grosse ‘’batterie’’, avec le soutien du MINSEDD, et voici que notre terrain a été rasé».

Le vieux Burkinabè et les siens soupçonnent donc M. Traoré Aboulaye d’être à la base de la destruction de leurs maisons. C’est du reste ce que croit aussi M. Toé Seydou, président d’une coopérative de bétail. Pour ce dernier, cette affaire ne restera pas suite. «Nous avons saisi les autorités compétentes pour qu’une indemnisation soit versée   aux habitants du site», et pour ce faire «une plainte de destruction de bien d’autrui, a été déposée au Tribunal de première instance d’Abidjan vu le caractère illégal et le non respect du délai de la mise en demeure», a-t-il indiqué.

En attendant la suite de l’affaire, plusieurs femmes, enfants, vieux et vieilles sont actuellement sans biens et sans abris par ces temps de pluie, vu qu’ils ont tout perdu  dans ce déguerpissement «sauvage». Ils souhaitent d’ailleurs que le gouvernement se saisisse de l’affaire pour que justice soit faite. Afin de permettre aussi de blanchir l’image du ministère de la salubrité, de l’environnement et du développement durable, vu que cette affaire porte atteinte sa crédibilité et à son honorabilité  d’autant que  beaucoup de personnes n’hésitent pas à croire  qu’il y a collusion entre le ministère de Anne Désiré Ouloto et le sieur Traoré Aboulaye. Ce qui serait insupportable. Il appartient désormais  à la ministre dont on connaît la noblesse de cœur de mettre tout cela au clair pour éviter que son image pâtisse de cette situation où l’injustice le dispute au mépris.

Georges Kouamé

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