Informateur.info- On le surnomme le barbu. Né à Treichville, la quarantaine révolue, l’air débonnaire, Daouda Kaboré est un homme de foi trempé dans la religion musulmane. Cet Imam,  rejeton d’une nombreuse fratrie (il a une trentaine de frères et sœurs), est le premier responsable de l’association les «Sans voix» créée à la faveur des manifestations qui ont marqué l’avènement de la carte consulaire biométrique en 2013. Parallèlement, il dirige une école islamique située à Vridi dans la commune de Port-Bouët où il est en train de construire une Mosquée. Ayant reçu une éducation stricte de la part d’un père à cheval sur les préceptes religieux, cet ancien élève franco-arabe (il est envoyé dans une école franco-arabe dès la 6e) est très tôt sensible à l’injustice. Cette inclination naturelle le pousse à militer dans la vie associative. C’est ainsi qu’en 2013, l’idée lui vient de mettre sur pied l’association les «Sans  voix» qui, selon lui, a pour ambition d’être la voix de ceux qui n’ont «ni la force, ni les moyens de combattre l’injustice». Cette association entend ainsi être le porte-voix des Burkinabè de la Diaspora, singulièrement, ceux de Côte d’Ivoire qui luttaient contre le coût estimé «exorbitant» de la carte consulaire biométrique. Aux côtés donc d’autres associations, la sienne mène la lutte, énergiquement. De sorte que son nom et celui de son association inspiraient crainte. Finalement, les membres de son association et lui n’ont pas battu le pavé en vain. Puisque, si le coût n’a pas baissé, il n’est pas moins vrai que le délai de validité de ladite carte a été porté à cinq (5) ans, au lieu de trois (3) ans,  initialement.

Homme d’engagement, il faisait partie de la délégation de la Diaspora de Côte d’Ivoire qui a pris l’initiative en novembre 2014 (alors que les autorités diplomatiques et consulaires s’interrogeaient sur leur sort) de se rendre à Ouagadougou  pour rencontrer, l’ancien Premier ministre Yacouba Isaac  Zida. Dans le même vol depuis l’aéroport international Félix Houphouët Boigny lui, Salogo Mamadou du CNBCI et Toé Seydou du CAMJBCI ont effectué ce voyage patriotique. L’objectif était de plaider à l’occasion de la conception de la Charte de la Transition, la prise en compte des aspirations de la diaspora. Et cette plaidoirie avait retenu l’attention de l’ex-Premier Ministre Burkinabè qui avait promis à ses hôtes que la charte de la transition garantirait leur droit de vote. Même si le vote de la diaspora a été différée par la suite, le «barbu» et ses alliés peuvent s’enorgueillir d’avoir pu obtenu la mention de ce vote dans l’article 22 de ladite Charte. Et c’est le plus naturellement du monde que l’Association les «Sans voix» a noué un fructueux partenariat avec des structures telles le Collectif des Associations et mouvements de jeunesse burkinabè de Côte d’Ivoire Camjbci  et  le Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire (Cnbci). Comment pouvait-il en être autrement pour des structures qui défendent les mêmes causes et qui par-delà ont compris que l’union fait la force.  En outre, le président des «Sans voix» indique que son association a de très bons rapports avec le Consulat Général. L’association les «Sans voix», faut-il le préciser, compte à ce jour 800 sympathisants dont plus de 300 sont «encartés». Daouda Kaboré,  l’Imam «Sans voix»,  est père de six enfants dont un garçon.

Jean François Fall