@Informateur.info- Quelque 1048 soldats de l’armée ivoirienne admis à faire valoir leurs droits à la retraite anticipée à la faveur de la Loi de Programmation Militaire votée le 4 janvier 2016, réclament depuis deux ans, leurs pensions de retraite.

Pour prendre l’opinion nationale et internationale à témoin de la situation délétère qu’ils vivent après 15 ans 3 mois 25 jours de loyaux services rendus à la Nation, ils ont animé une conférence de presse par le biais du collectif mis en place pour porter leurs voix.

Relatant les faits, le président dudit collectif, Serge Kangné Tahé a rappelé qu’ils sont entrés dans l’armée ivoirienne le 6 janvier 2003 avant de prendre une retraite anticipée le 31 avril 2018. “C’est à la suite d’une campagne de sensibilisation ponctuée d’un séminaire à Grand-Bassam que la hiérarchie nous a convaincus du bien-fondé de la retraite anticipée”, a-t-il indiqué.

A en croire M. Kangné, promesse a été faite aux candidats à un départ volontaire à la retraite, après 15 ans de service l’octroi “d’un pécule unique de retraite de 15 millions FCFA, du bénéfice d’une pension de retraite et éventuellement d’une pension d’invalidité”. C’est sur cette base que les 1048 soldats ont accepté la retraite anticipée. Mais contre toute attente, chemin faisant, les règles du jeu changent.

Alors que nous menions les démarches pour percevoir nos pensions, on nous brandit un arrêté ministériel qui annule nos acquis que sont les pensions de retraite”, s’est indigné le président du collectif. De fait, cet arrêté No 0042 du 9 janvier 2019 signé par le ministre d’État, ministre de la Défense, Hamed Bakayoko ( Premier ministre, aujourd’hui) stipule que “les Sous-officiers et les militaires de rang des forces armées de Côte d’Ivoire des contingents 2002 1A et 2002 2A mis à la retraite par anticipation, à compter du 30 avril 2018, ont été incorporés dans les armées à compter du 6 janvier 2007. Les concernés sont rayés des effectifs des forces armées de Côte d’Ivoire et admis à faire valoir leur droit à la solde de retraite”. Une situation qui leur tombe dessus comme un coup de massue.

Non seulement, nous sommes entrés dans l’armée le 6 janvier 2003 et non le 6 janvier 2007, ce qui ne ferait pas les 15 ans de service pour la retraite anticipée mais le droit à la solde de retraite n’est pas la pension de retraite “, a rectifié Serge Kangné. Il ne croyait pas si bien dire car, ces militaires recevront plus tard “une aide sociale de l’Etat aux ex-militaires des contingents 2002 A1 et 2002 A2 ( départs au 30 avril 2018”, d’un montant de 2.800.000 FCFA.

Et pourtant, a-t-il admis, “nous avons accepté la retraite anticipée dans les perspectives de bénéficier de la pension de retraite. Or, nous nous rendons compte qu’ils nous arrache, subtilement, nos droits après 15 ans de service. Et aujourd’hui, nous ne bénéficions rien. C’est injuste”, a-t-il jugé. C’est pourquoi le collectif en appelle au Premier ministre, ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, qu’il souhaite rencontrer, pour “réparer cette injustice qui nous cause beaucoup de torts”, a conclu Serge Kangné, dénonçant une “trahison” de la hiérarchie.

Geneviève MADINA