@Informateur.info- Président du Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (COEB-CI), Ouédraogo Moussa est  ce qu’on pourrait appeler un ‘’Ivoirbè’’, c’est-à-dire un Ivoirien d’origine burkinabè qui n’a pas perdu le nord. Il revendique donc à la fois ses origines et son attachement  à sa terre d’adoption, la Côte d’Ivoire dont il a fait sa seconde patrie. De fait, arrivé en ‘’Basse côte’’ en 2002, pour raisons professionnelles, Ouédraogo Moussa qui était alors le représentant du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) en Côte d’Ivoire a fini par ‘’prendre racine’’ dans le pays d’Houphouët-Boigny. 17 ans de présence continue, ça crée forcément des  liens. Il est donc parfaitement intégré dans la société ivoirienne.

Opérateur économique dont la voix compte dans la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire, le Directeur général d’IVOIBAT a un background  éloquent. Diplômé au Management des entreprises, en même temps qu’il est titulaire d’un DESS, d’un diplôme de gestion et techniques comptables approfondies et d’une maitrise, Ouédraogo Moussa a la tête bien pleine. Son parcours professionnel est à l’avenant. Il fait ses armes à la société BATA, à Ouagadougou où il débute comme Comptable, en 1974. Il gravit très vite les échelons et passe Chef service comptable.

  • Chevalier de l’ordre du mérite ivoirien en mai 2008

En 1979, il est  muté à Niamey, au Niger.  Il n’a que 24 ans. Quelques années plus tard, il atterrit au Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) où il cumule les fonctions de Chef service financier et de Comptable (1983-1989), puis il passe Directeur administratif et financier  (DAAF), parallèlement, il est  Chef de projet dans le cadre de la construction du siège du CBC. En 1997, il est nommé Assistant Contrôleur général du CBC. Et en 1998, il devient le Représentant du CBC au Bénin. De ce pays, il foule le sol ivoirien en 2002. Jusqu’en 2016, il occupera le poste de Représentant du CBC en Côte d’Ivoire, soit pendant 14 ans ! Dans le même temps, il est le 2ème vice-président de la communauté portuaire d’Abidjan. «J’ai été représentant du CBC en Côte d’Ivoire de 2002 à 2016. Si ma mémoire est bonne, c’est le plus long séjour d’un Représentant du CBC en RCI. Je crois que la crise ivoirienne a été une des raisons, et la confiance dont j’ai bénéficié de la part de Monsieur Ali Traoré alors DG du CBC. L’hospitalité légendaire du peuple ivoirien et de la communauté portuaire resteront  cependant les plus importants soutiens», explique-t-il.

A son actif, on note à la fois, la mise en place de la comptabilité du CBC, l’ouverture d’un espace d’accueil des camions citernes au Port de Cotonou, la construction du siège du CBC à Abidjan, l’ouverture d’un bureau du Conseil à Bouaké, une contribution remarquable à la décoration des chargeurs du Burkina Faso à Abidjan et surtout la gestion du CBC durant la crise ivoirienne qui ne fut pas, faut-il le préciser, une sinécure. «La présence du CBC en dépit d’un environnement  très difficile s’est avérée bénéfique au fil du temps. En effet nous avons pleinement joué le rôle d’interface entre les chargeurs très hésitants quant à la reprise de leurs activités avec les ports ivoiriens et la communauté portuaire  qui voulait tant reconquérir le trafic perdu  au profit des autres ports concurrents de la sous-région», commenté Moussa Ouédraogo. Mais que pouvait faire le Représentant et les agents si le Directeur Général n’avait pas trouvé un intérêt au maintien des activités du CBC durant la période de crise en Côte d’Ivoire ?

  • Chevalier de l’ordre du mérite burkinabè en décembre 2008

Pour Moussa Ouédraogo, si le mérite revient à la Représentation, c’est bien parce que le  Directeur Général et le Ministre en charges des transports ont bien voulu lui faire confiance pour cette mission auprès du port dont les retombées ont été bénéfiques pour la Représentation. C’est donc à juste titre que l’ex-Représentant du CBC a été décoré à la fois chevalier de l’ordre du mérite Burkinabè et Ivoirien.

En 2016, après être parti du CBC pour faire valoir ses droits à la retraite, il crée sa société, IVOIBAT dont il est naturellement le Directeur général. C’est une entreprise qui évolue dans le secteur du bâtiment.

Après avoir fait, à l’instar de nombre de ses compatriotes, le constat (amer) de la division mais aussi de l’inorganisation de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire, plus encore, de l’absence d’un cadre d’échanges dédié aux opérateurs économiques burkinabè, il décide, avec des amis, de mettre sur pied le Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (COEB-CI).  Cette association a pour objectif de servir de plateforme aux opérateurs burkinabè évoluant en Côte d’Ivoire. Le souci étant de créer du lien entre eux aux fins de les amener à partager leurs expériences mais aussi leurs préoccupations, bref, Ouédraogo Moussa rêve de ‘’mettre en réseau’’ ses ‘’pairs’’ de sorte à en faire une force avec laquelle il faudra compter aussi bien ici, en Côte d’Ivoire qu’au Burkina, la mère patrie. Un noble sacerdoce  que ce sexagénaire mène avec foi et engagement. Pour preuve, ils sont déjà plusieurs à partager sa vision et ont ‘’rallié’’ le COEB-CI.

A 64 ans, ce comptable de profession est marié et père de 06 enfants.

Jean François FALL

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