Son Excellence Mahamadou Zongo, Ambassadeur du Burkina Faso en Côte d'Ivoire

2016 aura été une année très mouvementée pour la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire. Des mandats d’arrêts contre Soro et Compaoré, à la rencontre de la diaspora  avec le Président du Faso en marge du 5é TAC en passant par la paralysie du Consulat Général par le CAMJBCI suite à des sit-in de protestation contre la mauvaise qualité de la carte consulaire produite par Snedai, la diaspora n’a pas chômé en activité. Informateur.info revient sur certains faits marquants. Rétrospection !

  • Au plan Politique

Au plan politique, la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire s’est réveillée en janvier 2016 avec deux mandats d’arrêts internationaux que leur pays a lancé à l’encontre de l’ex-président du Faso Blaise Compaoré en exil en Côte d’Ivoire et Guillaume Soro, président de l’Assemblée Nationale, accusé d’être impliqué dans le pusth-gag du général  Gilbert Diendéré. Notamment les écoutes téléphoniques entre Soro et Djibrill Basolé. Ces mandats d’arrêts auront fortement divisé la communauté où l’on avait d’un côté ceux qui soutenaient Guillaume Soro en reconnaissance du combat qu’il a mené en Côte d’Ivoire et qui réhabilite d’une certaine manière leur dignité et ceux qui estimaient que tout soutien à l’intéressé était un affront vis-à-vis du Burkina. Tout compte fait ces dossiers ont fini par se dissiper et les relations ivoiro-burkinabè sauves.

L’autre évènement politique majeur, c’est bien la rencontre qui a eu lieu entre le Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré et la communauté à la Fondation Félix Houphouët Boigny en marge du 5 é sommet du Traité d’Amitié et de Coopération Ivoiro-Burkinabè.Il faut signaler qu’avant cette rencontre de juillet 2016, il y a eu le bref passage du président de l’Assemblée Nationale Burkinabè en Côte d’Ivoire en début mai 2016, moins d’une semaine après l’annulation des mandats contre Compaoré et Soro. A l’occasion, Salif Diallo avait officiellement demandé à Alassane Ouattara d’aider le Burkina Faso à relancer  économiquement son pays. Notons aussi que dans la foulée du 5é TAC les autorités ivoiriennes ont mis à exécution l’évacuation des occupants du Parc du Mont Péko.

  • Au plan Culture

2016 aura vu l’organisation de deux évènements culturels majeurs concernant la diaspora burkinabè. Il s’agit des journées culturelles du Burkina Faso qui se sont déroulées du 28 au 30 juillet à la place inch’Allah à Koumassi sous la présence effective du ministre burkinabè de la culture. De l’avis du public et des organisateurs, ces journées ont été une réussite au regard de l’engouement qu’elles ont suscité. Le second évènement culturel de l’année 2016 a été sans conteste, la tenue au palais de la Culturel d’Abidjan de l’enregistrement de «Cocktail Intégration», le 27 novembre dernier. Une émission qui a mobilisé plus de 4000 personnes. Joseph Mascotte réussissait alors un pari qui n’était pas gagné d’avance.

  • Au plan Diplomatique

La diplomatie burkinabè aura volée très haut en Côte d’Ivoire cette année. Réchauffement des relations bilatérales oblige ! L’on a assisté à la nomination d’un nouvel ambassadeur burkinabè près la République de Côte d’Ivoire après près de deux ans de vacance où le poste était assuré par un intérimaire. Son Excellence Mahamadou Zongo, puisque c’est de lui qu’il s’agit n’a été, officiellement, présenté à la communauté que le 26 novembre 2016.

Un fait est à noter, en 2016, au niveau des rapports entre le Consulat Général d’Abidjan et les leaders associatifs. C’est la politique de proximité et d’échange mise en place par M. Daouda Diallo. En effet le Consul Général d’Abidjan a crée, cette année, un cadre d’échange trimestriel avec les responsables de la communauté burkinabè. Une rencontre qui permet de passer en revue les difficultés et les préoccupations de la communauté. Daouda Diallo aura aussi réussi à instituer le salut aux couleurs chaque mois dans l’enceinte de la chancellerie. Très critiqué durant les deux premières années pour son attitude jugée «distante» avec la communauté et une gestion «policière» de la chancellerie, Daouda Diallo a fini par «s’intégrer» et lâcher du leste. 2016 aura poli son image au sein de sa communauté où il ne compte plus que des contempteurs mais aussi des admirateurs. On notera également cette formation des leaders associatifs que le Consulat Général a organisé en 2016. Une formation payée par le Consulat et dont l’impact est aujourd’hui perceptible dans la performance des structures bénéficiaires.

  • Une jeunesse très active

La palme de la débauche d’énergie en 2016 revient sans conteste au Collectif des associations et mouvements de jeunesse burkinabè (CAMJBCI) qui se sera illustré durant l’année écoulée comme un farouche défenseur des intérêts de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire. De la lutte contre la mauvaise qualité de la carte consulaire produite par Sneidai, en passant par l’organisation de séminaires sur des thèmes de développement et d’insertion de la jeunesse, la structure que dirige avec détermination Zallé Moussa a beaucoup gagné en galons en 2016. A preuve le Président Roch Marc Christian a dû reconnaitre en avril 2016, la justesse de leur combat contre la mauvaise qualité de la carte consulaire et promis y remédier. En témoigne le courrier qui a été adressé par le PF au Camjbci courant avril dernier. Le CAMJBCI reste la Première structure de jeunesse qui a su se faire respecter par les autorités du Burkina Faso qui savent, s’il est besoin de le préciser, sa force de frappe.

L’autre structure de jeunesse qui a aussi tiré son épingle du jeu en 2016, c’est bien la Coordination des Associations Burkinabè en Côte d’Ivoire (CABCI). Présidée par le président Abdoulaye Ouibga, cette structure de jeunesse a non seulement tenu son traditionnel tournoi de football  édition 2016  mais surtout a posé un acte de haute portée sociale en faisant un don en matériel au Centre de santé de Blockhaus-Cocody. On aura aussi remarqué en 2016, un rapprochement entre le Camjbci et le Cabci-Fedabci qui se sont mutuellement soutenus lors de leurs différentes activités.

  • Affaire Commission constitutionnelle

Le choix du représentant de la diaspora en Côte d’Ivoire à la commission constitutionnelle chargée de rédiger la nouvelle constitution burkinabè a suscité, il faut le rappeler, une vive polémique. Alors que la bienséance aurait voulu que ce choix se fasse en plein jour c’est-à-dire à travers une consultation de la communauté, le chargé d’affaires de l’Ambassade du Burkina Faso à Abidjan M. Jean Klena Ouattara a, de manière impétueuse, choisi un certain Sawadogo Souleymane. Livrant ce dernier  malgré lui à la colère et à l’incompréhension de certains leaders qui ne lui reconnaissent aucun «parcours communautaire». Sawadogo Souleymane a dû faire finalement du porte à porte chez certains leaders pour solliciter leur soutien.

  • La maladie du Président Salogo Mamadou

Le président du Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire (CNBCI), Salogo Mamadou a été très malade en 2016. Peu après qu’il a été honoré par le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro. En effet, ce dernier l’a invité à l’ouverture de la 1ere session ordinaire du parlement, en tant qu’invité spécial, Salogo Mamadou  qui n’était pas au meilleur de sa forme a été contraint à un séjour médical de plus de deux mois au Maroc. Au cours de ce séjour médical, le président du Conseil a reçu la visite du Cheick Abdoul Aziz Sarba. Lequel d’ailleurs a œuvré à la réconciliation entre Salogo et Naaba Wogbo, président de l’Union des chefs et notables burkinabè en Côte d’Ivoire.

  • Évènements sombres

On notera que l’année 2016 s’est terminée sur des notes sombres pour la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire. Le 25 décembre, jour de Noël, le DG de Coris Bank mourrait par noyade à Assinie lors d’une sortie détente. Cinq jours plus tard, soit le 30 décembre, c’est Adama Sankara, le président des Ivoiriens d’origine burkinabè qui rendait l’âme dans une clinique d’Abidjan après trois semaines d’hospitalisation. Deux grandes pertes survenues juste à quelques jours du nouvel An et qui rappellent cruellement un certain 29 décembre 2013 où l’ex-Consul Général d’Abidjan, Patrice Kafando, lui aussi était brutalement arraché à l’affection des siens.

Par Jean François Fall